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QS «héritier» de René Lévesque, selon Massé

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Québec solidaire s’est comparé au Parti québécois de René Lévesque mercredi, une «insulte» à la mémoire de l’ex-premier ministre, estime Jean-François Lisée.

Manon Massé a évoqué la mémoire de René Lévesque lors d’un point de presse au centre-ville de Montréal, en affirmant que son parti est la cible d’attaques similaires à celles qu’a essuyées le PQ à ses débuts. « Vous [les adversaires] nous reprochez aujourd’hui la même chose qu’on reprochait hier au Parti québécois de René Lévesque », a dit la co-porte-parole de Québec solidaire.

Elle a aussi invité les électeurs à retrouver l’ambition qui a fait des Québécois « quelque chose comme un grand peuple », en reprenant la formule du leader souverainiste.

Questionnée à savoir si elle considérait son parti comme le véritable héritier de l’ancien chef péquiste, elle a rappelé que QS parle de souveraineté depuis 12 ans malgré « la peur » et « les sondages ». « Peut-être qu’on peut appeler ça l’héritage du parti visionnaire de René Lévesque », a-t-elle lancé.

De plus, son parti a mis en ligne mercredi une publicité vidéo où les propos d’un député de l’Union nationale en 1970 contre le PQ sont mis en parallèle avec les attaques récentes de Jean-François Lisée contre Québec solidaire. Dans les deux cas, un parti établi attaque une formation montante, laisse-t-on entendre.

Radicalisme

De passage à Mont-Tremblant, le chef péquiste Jean-François Lisée a répliqué en affirmant que «René Lévesque détestait le radicalisme». «Je pense que c’est une grave insulte à sa mémoire, que Québec solidaire essaie de tirer la couverte de René Lévesque de son côté», a-t-il lancé.

L’ex-premier ministre, dit-il, «a rassemblé des anciens libéraux, des anciens unionistes, des gens de droite et de gauche, à l’intérieur d’un grand mouvement, justement parce qu’il savait que la meilleure façon de faire front aux fédéralistes de droite, c’était de mettre le bien commun au-delà des intérêts partisans».

«René Lévesque, c’est le contraire de Québec solidaire», estime Jean-François Lisée.

Pas marxiste, mais agacée

Par ailleurs, Manon Massé a dû s’expliquer à nouveau mercredi sur le fait qu’elle n’a pas rejeté l’étiquette «marxiste» pour qualifié Québec solidaire, dans une récente entrevue avec la CBC. « Je ne suis pas marxiste. Je ne suis pas communiste [...] Je ne connais pas de marxiste qui infiltre le parti », a-t-elle commenté, visiblement irritée.

Le terme « nationalisation » apparaît à de multiples reprises dans le programme solidaire, mais pas le terme « marxisme », a-t-elle souligné.

Mme Massé explique qu’elle n’a pas rejeté l’expression avec autant de vigueur lors de l’entrevue en anglais parce qu’elle maîtrise moins bien la langue de Shakespeare. De plus, elle affirme avoir peu d’intérêt pour le jargon des sciences politiques.

« Je m’en fous de l’étiquette. Si vous voulez l’utiliser, utilisez-la », s’est-elle impatientée. « Ces étiquettes sont là pour faire peur. »

Avec la collaboration de Patrick Bellerose