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Quand Trump fait rire les Nations unies...

Quand Trump fait rire les Nations unies...
Photo AFP

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Si vous n’avez pas vu passer cet épisode mettant en vedette Donald Trump cette semaine, voici un article qui en dresse les grandes lignes.

En gros, Trump s’est vanté, à la tribune de l’Assemblée générale de l'ONU, devant un parterre regroupant plus de cent leaders internationaux, d’avoir offert en moins de deux ans le meilleur bilan présidentiel de l’Histoire des États-Unis.

Rien de moins, mesdames et messieurs !

On savait l’homme plutôt imbu de lui-même, donc la chose n’est pas surprenante en soi.

L’inusité dans tout ça, c’est la réaction du parterre : des gloussements timides, mais aussi des rires bien portants.   

Trump s’en est pas trop mal sorti, disant avec un rictus d’humilité (serait-ce possible ?) ou d’incrédulité (davantage probable) qu’il n’avait pas prévu ce genre de réactions...

L’humour, un outil communicationnel

Loin de moi l’idée de faire le procès d’une politicienne ou d’un politicien qui utilise l’humour volontairement. Il s’agit d’un outil de communication qui, lorsque bien écrit et bien placé dans un discours, peut être d’une grande efficacité.

Les exemples de réussites en ce sens sont de toutes les époques, de l’Antiquité à nos jours, et la recherche sur le sujet est éloquente.

Mais voilà, faut-il savoir comment et quand insérer l’humour dans un discours !

Que ce soit en pédagogie, en publicité, en relations publiques ou en divertissement, pour obtenir l’effet voulu, l’humour ne doit pas être lancé n’importe comment.

C’est pourquoi les auteurs existent !

Et l’humour, lorsque bien inséré, est si efficace (il a dépassé le sexe comme vecteur de communication d'impact sur le Web depuis plusieurs années déjà) que de plus en plus de politiciens, entreprises et organisations se tournent vers les professionnels de l’humour pour augmenter leur aura communicationnel.

La preuve que l’humour peut radicalement éclipser les idées, en ce qui concerne Donald Trump aux Nations unies, c’est son malheureux gag qui aura davantage fait le tour du monde des fils de presse que ses positions contre le Venezuela et l’Iran.

Le bully se fait pointer du doigt

Selon ses dires, Donald Trump n’a pas fait rire de lui : l’Assemblée a ri avec lui.

Chose certaine, ce n’était pas prévu, car il a admis lui-même ne pas s’attendre à ce genre de réactions.

Et si vraiment le Donald aimait faire dans l’humour, disons que le reste du discours et l’ensemble de ses tweets contre les présidents américains depuis qu’il utilise ce réseau social n’étaient pas cohérents avec son « gag » de la première minute.

Donc, peut-on réellement résumer le tout au simple fait qu’il ne maîtrise pas du tout l’art du timing ?

Bien sûr que non ! Surtout quand on sait qui a rigolé, notamment les Allemands. Disons que ces derniers ont été parmi ceux qui ont fortement gloussé à l’affirmation présidentielle du meilleur bilan de l’Histoire.

En fait, nous avons eu droit à une belle illustration de la théorie de la supériorité en humour, soit de rire aux dépends d’autrui dans un objectif de se montrer supérieur, voire de dénoncer un comportement.

Les Allemands ont même un superbe mot juste pour ça : schadenfreude.

Autrement dit, en utilisant sa même rhétorique, qui fait jubilé les foules dans ses rallies de partisans, dans un contexte tout autre, beaucoup moins sympathique à sa bouille, Donald Trump a frappé un mur et a fait rire le parterre en s’écrasant.

Est-ce que ça lui servira de leçon ?

Je préfère laisser les analystes politiques tenter de répondre à la question.

De mon côté, pour ce que j’en lis et ce que j’en comprends, quand Donald Trump se sent rejeté, il cultive la rancœur et nourrit sa colère, donc je ne crois pas qu’il en sortira plus humble.

Chose certaine, le tout aura permis à plusieurs personnes sur la planète de trinquer à cet épisode, se soulageant un peu à ses dépens. Schadenfreude, tout le monde !