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La révolution des robots sera aussi grande que celle des ordinateurs

L’Université Laval travaille sur des prototypes de mains articulées intuitives

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D’ici dix ans, chaque foyer pourrait avoir son robot capable d’exécuter des tâches ménagères. À la vitesse où la technologie évolue, il n’est pas faux d’y croire, estime le professeur Clément Gosselin de l’Université Laval qui dirige un laboratoire reconnu à l’échelle internationale.

Ce n’est pas d’hier que l’on utilise des robots dans les usines. Par contre, la technologie a fait des bonds considérables ces dernières années pour les rendre plus accessibles aux petites entreprises et même au grand public.

« La tendance, c’est de développer des robots sécuritaires et intuitifs pour qu’ils soient faciles à utiliser », affirme Clément Gosselin, directeur du Laboratoire de robotique du Département de génie mécanique de l’Université Laval.

Clément Gosselin, <i>directeur du laboratoire</i>
Photo Stevens LeBlanc
Clément Gosselin, directeur du laboratoire

De la même manière que les ordinateurs ont envahi nos domiciles, il est réaliste de croire, selon lui, que les robots seront nombreux à nous rendre service dans un horizon rapproché. On peut penser à des tâches comme passer l’aspirateur, laver la vaisselle, cuisiner, etc.

« Si on veut qu’ils se répandent, ces robots ne devraient pas coûter trop cher. Je vois un robot de base à 15 000 $ et un de luxe à 50 000 $. C’est une estimation, bien sûr », a ajouté le professeur.

Dans son laboratoire, les étudiants s’affairent à développer des robots légers, agiles et avec qui on peut même interagir. Comme il sera intuitif, on pourra « enseigner » au robot les mouvements à réaliser plutôt que d’avoir à programmer des codes complexes sur un ordinateur, comme c’était le cas avant.

Exemple du Japon

Environ 50 % des activités de l’équipe de M. Gosselin sont destinées à la recherche. L’autre partie consiste à développer des projets avec les entreprises qui y voient là une façon de pallier la pénurie de main-d’œuvre.

« Au Japon, c’est l’avenue qu’ils favorisent parce qu’il n’y a pas d’immigration et la population est vieillissante. Ils mettent le paquet sur l’automatisation. »

Le laboratoire effectue des contrats de recherche avec des organismes tels qu’Hydro-Québec, GM Canada et CAE Electronics. Il a aussi développé une main robotique à la demande de la société MDA qui est à l’origine du Bras canadien, mais il n’y a pas eu d’autres suites. Entre-temps, les travaux des étudiants du Département de génie mécanique font des progrès énormes. Une innovation sera d’ailleurs présentée en 2019 lors d’un forum international. Il s’agit d’un « bras robotique » intuitif capable de ressentir des mouvements et de réagir en conséquence pour une meilleure collaboration humain-robot.