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Le vilain crime de District 31

Le vilain crime de District 31
Capture d'écran, Radio-Canada

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Luc Dionne écrit District 31, une série qui se passe dans un poste de police. Il décrit donc des crimes commis par des membres de toute la société québécoise, on est tous d’accord ?

Mais attention, le jour où Dionne a le malheur de décrire un crime commis par des musulmans sur une musulmane, il se fait accuser d’être un vilain auteur bourré de préjugés qui écrit des clichés sur une minorité culturelle.

Misère ! Est-ce que Luc Dionne a uniquement le droit d’écrire sur des crimes commis par des Québécois pure laine, de souche, blancs ?

LA RÉALITÉ QUI CHOQUE

Luc Dionne a été obligé d’écrire une longue explication sur la page Facebook de District 31 pour répondre aux critiques après les épisodes de cette semaine. On y suit l’histoire de Hanna, une jeune lesbienne musulmane qui fuit sa famille, qui veut la marier de force. Dans l’épisode de mercredi, on la voyait se faire kidnapper par son frère (qui considère qu’elle a déshonoré la famille) et violer « pour lui apprendre à aimer les hommes ».

Luc Dionne n’a pas inventé le fait que des crimes d’honneur sont commis au Canada. Rappelez-vous l’horrible histoire des sœurs Shafia, tuées par leur père, leur mère et leur frère.

Mais pour ne pas faire de pépeine aux bien-pensants, pour ne pas faire de vagues, pour ne pas « stigmatiser » une communauté, Luc Dionne aurait dû faire comme si cette réalité-là n’existait pas ?

Eille, les amis ! Ce n’est pas parce que District 31 montre un musulman qui kidnappe sa sœur que l’on va en conclure que TOUS les musulmans sont des kidnappeurs. Par contre, ça ne sert à rien de se mettre la tête dans le sable en prétendant qu’il n’y a aucun cas semblable à la DPJ !

Cette histoire me fait penser au commentaire de Jean-Philippe Wauthier aux derniers Gémeaux : « Comment ça que la seule femme autochtone dans notre télé soit en prison dans Unité 9 ? » Heu, c’est parce que c’est une réalité, les femmes autochtones en prison. Si on montre cette réalité, on se fait accuser de véhiculer des préjugés. Si on ne la montre pas, on maquille la réalité. Il n’y a pas moyen de s’en sortir.

Dans Fugueuse, le vilain Damien, le pire salaud de la télé québécoise, était blanc. La ligue des rappeurs blancs a-t-elle porté plainte en affirmant que la série véhiculait des préjugés sur ce groupe en particulier ?

Si Damien avait été noir, comment les lobbys auraient-ils réagi ?

Est-ce qu’on peut juste laisser les auteurs écrire sans arracher sa chemise chaque fois qu’une communauté se sent visée, offensée, stigmatisée ?

Aucune communauté qui fait partie de la société québécoise n’est à l’abri de la critique. Quand des crimes sont commis, il faut les dénoncer, peu importe la religion, la couleur de peau, l’origine de celui qui les commet.

LES VRAIES COURAGEUSES

Si ne serait-ce qu’une jeune femme qui regarde District 31 cette semaine y trouve le courage de tenir tête à une famille répressive, la série de Luc Dionne aura fait œuvre utile. C’est aussi à ça que ça sert la télé.

Rappelez-vous l’impact que Fugueuse a eu sur les Fanny du Québec...