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Les trois mensonges de la politique

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Voici quelques leçons que la présente campagne m’a apprises.

Les trois plus gros mensonges du monde de la politique.

Comme Hillary Clinton

Mensonge numéro un : les gens veulent qu’on leur dise la vérité.

Faux. Comme le dit Louis de Funès dans Les Aventures de Rabbi Jacob : « Il aime qu’on lui mente, le peuple. Regardez, moi, je lui mens toute la journée à l’usine ! »

Tous les politiciens le savent : la meilleure façon de perdre ses élections est de regarder les gens dans les yeux et de leur dire la vérité, sans fard.

Les gens ne veulent pas connaître la vérité ! Ils ne veulent pas qu’on leur dise qu’ils sont endettés jusqu’au cou et que le gouvernement n’a plus les moyens de leur offrir de beaux gros cadeaux.

Ils veulent leurs cadeaux ! Ils veulent leur écran 4K et leur voyage à Disneyworld !

En fait, ce qu’ils disent aux politiciens qui les gouvernent est simple : mentez-nous tant que vous voulez, mais arrangez-vous pour qu’on ne le sache pas !

Le peuple est comme Hillary Clinton face à Bill : trompe-moi à tour de bras si tu veux, mais fais-le en toute discrétion.

Le crime n’est pas de me trahir. C’est de ne pas être assez habile pour cacher ton crime.

Ça ne me fait rien d’être cocu. Je veux juste ne pas avoir l’air fou.

Remplir un carosse

Mensonge numéro deux : les gens s’intéressent aux vrais enjeux.

Archi faux.

Qui a lu le programme de Québec solidaire ?

Tous les fiscalistes et les économistes le disent : le cadre financier de QS ne tient pas la route.

Cela a-t-il empêché QS de monter dans les sondages ? Pas le moins du monde.

La majorité des Québécois sont surendettés, 35 % n’épargnent pas pour leur retraite et 31 % vivent d’une paye à l’autre.

Qu’est-ce que vous voulez que ça nous fasse que le gouvernement pellette par en avant et fasse payer les générations futures ? C’est comme ça que nous gérons !

Tchick-a-tchick, les amis.

Comme le chantent Seba and Horg : « Pour d’autres, c’est prendre une puff ou prendre une brosse / Moé, quand j’ai une petite déprime, ben j’remplis un carrosse / J’feele millionnaire peu importe mon salaire... »

Amenez-en, des promesses trop belles pour être vraies ! On est preneur, on est acheteur.

« On s’bourre la face, au magasin à une piasse... »

Le beau look

Mensonge numéro trois : on s’en fout de l’apparence, le contenu est plus important que le contenant.

Plus faux que ça, tu meurs.

Pourquoi Justin pogne autant au Québec ? Parce qu’il « fait moderne ».

Pourquoi Manon Massé est si populaire ? Parce qu’elle « fait authentique ».

Rien de plus éloignés l’un de l’autre que le look Macron du premier et le look Safia Nolin de la deuxième.

Mais monsieur Net et madame Débraillée partagent un point commun : ils misent tous les deux sur leur look pour attirer des électeurs.

Les chaussettes « flyées » de Justin. La moustache « audacieuse » de Manon.

Deux façons de dire : « Regardez comme nous sommes originaux ! »

Tout est encore une question d’image.