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Un vent de changement

Le Rocket de Laval aura un visage fort différent cette saison

Alexandre Grenier
Photo Martin Alarie Alexandre Grenier

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Après avoir vu ses équipes connaître des saisons difficiles dans la LNH et dans la Ligue américaine, le directeur général Marc Bergevin a brassé ses cartes au cours des derniers mois. Son premier geste d’éclat a été de congédier l’entraîneur-chef Sylvain Lefebvre pour le remplacer par Joël Bouchard.

En faisant ce mouvement de personnel, il est clair que Bergevin voulait qu’un changement de culture s’amorce au sein de son club-école. Ça n’a pas pris de temps avant qu’on réalise qu’un vent de changement souffle sur le Rocket en prévision de la saison 2018-2019.

Le vestiaire du Rocket a subi une importante métamorphose. Maurice Richard y occupe une place importante.
Photo Martin Alarie
Le vestiaire du Rocket a subi une importante métamorphose. Maurice Richard y occupe une place importante.

Le Journal de Montréal s’est rendu à la première journée du camp d’entraînement afin d’être témoin des premiers pas de Bouchard avec le Rocket. Les joueurs ont travaillé pendant deux heures sur plusieurs facettes de leur jeu, même si plusieurs d’entre eux ne seront pas avec la formation lavalloise pour le premier match qui aura lieu samedi prochain à Providence.

« Ce sont des gars qu’on aime et qui vont jouer avec nous cette saison, a indiqué Joël Bouchard. Ils vont savoir à quoi s’attendre et ce qu’on veut faire. Le but, c’est de développer des joueurs de hockey.

Peu importe le contrat qu’ils ont signé, je vais les pousser tous égal et je vais travailler avec eux. »

Savoir s’adapter

Plusieurs se souviennent des crises de Bouchard durant son passage fructueux derrière le banc de l’Armada de Blainville-Boisbriand, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Il n’hésitait pas non plus à livrer le fond de sa pensée lors des entrevues qui se déroulaient à quelques centimètres de ses joueurs. L’ancien défenseur de la LNH n’a pas l’intention de changer sa personnalité.

« Je ne pense pas que Marc m’a embauché pour que je change, sinon il en aurait pris un autre, a affirmé Bouchard. Il faut s’adapter au style de jeu et à la ligue.

Je suis assez intelligent pour penser qu’un jeune de 16 ans n’est pas à la même place dans la vie qu’un joueur de 24 ans. Mon boulot, c’est de m’adapter, comme les joueurs devront aussi le faire avec le calibre de jeu. »

Les yeux du Rocket

Bouchard n’a pas mis de temps pour mettre son empreinte sur sa nouvelle équipe. Le vestiaire du Rocket a déjà été modifié. Dans le couloir, des photos grandeur nature de Maurice Richard ont été installées sur les murs.

À l’intérieur du vestiaire, les mots ténacité, focalisez et exécutez ont été placés en évidence en haut des casiers des joueurs. Ils y apparaissent en français et en anglais.

« J’ai fait des demandes à Marc [Bergevin] et elles ont toutes été acceptées, a souligné Bouchard. Je suis vraiment content du résultat.

On va créer notre identité à travers le grand club. Les joueurs ont signé un contrat avec le

Canadien et, dans leur cheminement, ils viennent travailler avec le Rocket. Leur objectif est de jouer avec le Canadien. J’espère et je veux que ce soit cela. »

Le logo du Canadien est aussi en évidence à côté de celui du Rocket.

« Je voulais m’assurer qu’ils le voient de temps en temps, a-t-il ajouté. Il est important qu’ils sachent qu’ils représentent le Canadien sur et à l’extérieur de la patinoire. »

Bouchard a également fait mettre une reproduction du fameux regard du Rocket au dessus des casiers des gardiens de but.

« C’était important que ces yeux soient dans la chambre, a-t-il précisé. L’équipe a été nommée en son honneur. Je veux que les yeux de Maurice soient sur nous en tout temps. »

On ne sait pas combien de victoires Bouchard pourra récolter à sa première campagne chez les professionnels. Toutefois, on peut s’attendre à ce que l’effort et l’intensité soient au rendez-vous.

 

Un leadership différent

Le nouvel entraîneur-chef du Rocket, Joël Bouchard, tentera d’insuffler une nouvelle énergie à l’équipe, dont fait notamment partie Alexandre Grenier.
Photo d'archives, Martin Chevalier
Le nouvel entraîneur-chef du Rocket, Joël Bouchard, tentera d’insuffler une nouvelle énergie à l’équipe, dont fait notamment partie Alexandre Grenier.

Comme c’est le cas de plusieurs formations de la Ligue américaine, le Rocket aura un visage en 2018-2019.

Au moment d’écrire ces lignes, la formation de Joël Bouchard pourrait seulement compter sur le retour de deux des cinq meilleurs marqueurs de la dernière campagne.

Lorsqu’il sera remis de sa blessure subie au camp du Canadien, Matt Taormina reviendra à Laval pour y être le général à la ligne bleue. Puis, avec l’allure de ses performances, il semble très probable que l’attaquant Nikita Scherbak soit rétrogradé avant le début de la saison dans la LNH.

Chris Terry, Adam Cracknell et Kerby Richel ont tous quitté l’organisation pour une autre destination dans la Ligue américaine.

Le directeur général du Canadien les a remplacés notamment par les Québécois Alexandre Grenier et Alex Belzile. On peut s’attendre à ce que Michael Chaput et Hunter Shinkaruk les rejoignent avant le début de la campagne, à moins d’une surprise.

« Ce qui a fait pencher la balance du côté du Rocket, c’est de pouvoir jouer près de ma famille et de mes amis, a mentionné Grenier. Ça n’arrive pas souvent dans les rangs professionnels que tu peux avoir cette opportunité.

Il y a aussi l’arrivée de Joël Bouchard, Alex Burrows et Daniel Jacobs qui a été un facteur. Quand j’étais dans l’organisation de Vancouver, Alex était mon mentor. »

Une brigade à définir

Il est difficile d’avoir un portrait juste de la brigade défensive du Rocket. Les dernières suppressions du Tricolore pourraient permettre à Bouchard de compter sur une brigade assez solide avec les Maxim Lamarche, Noah Juulsen, Xavier Ouellet et Simon Després.

Lamarche est un vétéran qui a disputé plus d’une centaine de matchs dans la LAH, dont la majorité avec la filiale des Flyers de Philadelphie, les Phantoms de Lehigh Valley.

« De pouvoir faire partie de l’organisation du Canadien, c’est impressionnant, a indiqué Lamarche. Je suis content de pouvoir jouer pas trop loin de chez moi [Laval]. Je ne pouvais pas passer à côté de cela.

Je connais Joël depuis un certain temps, car je m’entraînais au Centre d’excellence Sports Rousseau pendant ma carrière dans la LHJMQ. »

À Lehigh Valley, Lamarche a joué au sein d’une équipe gagnante. Il tentera d’apporter cette expérience positive chez le Rocket.

« On avait beaucoup de profondeur, a affirmé l’ancien défenseur du Drakkar de Baie-Comeau. S’il y avait une blessure ou un rappel, ça ne paraissait presque pas. De plus, il y avait de la stabilité au sein du groupe de joueurs et d’entraîneurs. »


Cinq dernières saisons de la filiale du Canadien

2017-2018: Rocket de Laval | 24-42-7-3 | Exclue des séries
2016-2017: IceCaps de St. John’s | 36-30-8-2 | Éliminée 1er tour des séries
2015-2016: IceCaps de St. John’s | 33-35-1-7 | Exclue des séries
2014-2015: Bulldogs de Hamilton | 34-29-12-1 | Exclue des séries
2013-2014: Bulldogs de Hamilton | 33-35-1-7 | Exclue des séries

Meilleurs marqueurs du Rocket saison 2017-2018

(Équipe pour laquelle ils joueront durant la saison 2018-2019)

  • Chris Terry 62-32-39-71 (Grand Rapids)
  • Matt Taormina 63-4-48-52 (Rocket)
  • Adam Cracknell (Toronto) 69-29-22-51 (Toronto)
  • Kerby Rychel 71-18-24-42 (Stockton)
  • Nikita Scherbak 26-7-23-30 (Rocket)