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1960, 1976, 2018: les équipes politiques qui changent le cours de l’histoire

1960, 1976, 2018: les équipes politiques qui changent le cours de l’histoire
PHOTO MARC-ANDRÉ GAGNON

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En 1960, le Parti libéral et son «équipe du tonnerre» font entrer le Québec dans une ère nouvelle. Au côté de Jean Lesage, René Levesque, Paul Guérin-Lajoie, Georges Émile Lapalme mettent en œuvre une série de réformes qui jettent les fondements du Québec moderne. 
 
En 1976, René Lévesque fait élire à son tour une équipe de rêve qui fait basculer le Québec dans un nouveau paradigme politique. Les Jacques Parizeau, Claude Morin, Camille Laurin, Claude Charron, Lise Payette, Bernard Landry et autres vont transformer en profondeur la dynamique politique pour les 25 années suivantes. 
 
Depuis, jamais le Québec n’a connu une équipe ministérielle qui aurait pu prétendre avoir eu un impact comparable à celles de Lesage et Lévesque. 
 
L’élection en cours nous permet d’espérer (enfin) un sursaut de vie politique au Québec. Les Québécois expriment une soif de changement. Mais encore faut-il une équipe capable de l’incarner et d’en transporter les aspirations. 
 
Quelle équipe en 2018 a le potentiel de changer le cours de l’histoire politique du Québec?
 
Regard sur les forces en présence. 
 
Le PLQ
 
Après 15 ans au pouvoir, le Parti libéral de Philippe Couillard incarne l’usure plus que le changement. Victime d’une vague de départs sans précédent (34 députés élus en 2014 ont refusé de se présenter à nouveau), Philippe Couillard n’a pas su renouveler son équipe. 
 
Le recrutement de l’équipe libéral se résume à un ex-goon de la LNH, Enrico Ciccone, et Gertrude Bourdon qui s’est fait connaître en début de campagne pour ses gaffes à répétition. 
 
Pire, depuis le début de la campagne, on ne compte plus les candidats que le Parti libéral s’efforce de cacher. Gaétan Barrette, un boulet pour le PLQ, est devenu persona non grata. Guy Ouellet est disparu dans la nature depuis une semaine. Le candidat Mohammed Barhone est introuvable depuis que ses propos disgracieux sur l’immigration ont été rendus publics. Le candidat dans Laurier-Dorion, George Tsantrizos, ex-bras droit de Gerry Sklavounos, aura passé les 39 jours de sa campagne à fuir les médias. 
 
Le PQ
 
Depuis le débat de TVA, l’autobus du PQ est un radeau en pleine tempête. Jean-François Lisée doit se féliciter d’avoir rassemblé une équipe aussi faible. Personne n’a la stature d’un Alexandre Cloutier (qui a quitté le navire en janvier dernier déjà), pour contester les décisions du chef péquiste ou remettre sa stratégie (en a-t-il une?) en question. 
 
Les deux grandes recrues du PQ sont Muguette Paillé et Michele Blanc. La première a dû retirer sa candidature pour des tweets racistes et la seconde a fait la manchette pendant toute la campagne pour son manque de jugement dans la gestion de ses réseaux sociaux. 
 
L’acharnement de Lisée contre QS souligne encore plus la faiblesse des candidats du PQ. QS présente à bien des égards une meilleure équipe avec Catherine Dorion, Ruba Ghazal, Sol Zanetti et Vincent Marissal, notamment. Le PQ ne soutient pas la comparaison. 
 
On peut même se demander si en cas de victoire Lisée aurait été en mesure de former un Conseil des ministres. 
 
La CAQ 
 
Il y a une tendance dans les films de superhéros actuellement à rassembler dans un même film les héros de plusieurs horizons. C’est exactement ce que la CAQ semble avoir réussi à faire. 
 
L’équipe de la CAQ est une véritable coalition, unie derrière le désir de sortir le Québec du marasme politique dans lequel il s’enlise depuis 15 ans. La CAQ est le seul parti à avoir réussi à attirer des candidatures prestigieuses. Il y a plus de candidats vedettes à la CAQ que de superhéros dans le dernier Avengers
 
La triple médaillée olympique Isabelle Charest, l’ex-procureure de la commission Charbonneau Sonia Lebel, le chef du service de neurologie à l’Hôpital Sainte-Justine, Lionel Carmant, le vice-président et trésorier de la Banque Nationale, Éric Girard, l’ancien porte-parole du SPVM Ian Lafrenière, le premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Christian Dubé.  
 
Et je n’ai pas mentionné Nadine Girault, MarieChantal Chassé, Joëlle Boutin, Geneviève Guilbault, Nathalie Roy, Sylvie d’Amours, Simon Jolin-Barette, François Paradis, Jean-François Roberge... la CAQ aurait le luxe de s’offrir deux conseils des ministres! 
 
Les Québécois souhaitent du changement. Ils ont cette chance de faire élire une équipe d’exception. L’opportunité est celle d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire politique du Québec. 
 
Au même titre que 1960 ou 1976, l’élection de 2018 s’annonce historique.