/news/politics
Navigation

Le Canada accepte d’assouplir ses quotas laitiers avec les É.-U.

Entente sur l’ALENA à quelques heures de la date butoir

Justin Trudeau n’a pas voulu donner de détails sur l’entente de l’ALENA survenue dimanche avec les États-Unis. 
Capture d'écran, TVA Nouvelles Justin Trudeau n’a pas voulu donner de détails sur l’entente de l’ALENA survenue dimanche avec les États-Unis. 

Coup d'oeil sur cet article

Le Canada et les États-Unis ont conclu dimanche un accord pour le renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain, à quelques heures de la date butoir.

Aucun détail de l’entente n’était connu dimanche, en fin de soirée. 

« C’est une bonne journée pour le Canada, on va en reparler demain [aujourd’hui] », a mentionné Justin Trudeau à la sortie d’une rencontre avec ses ministres à Ottawa tenue après une intense journée de négociations.

Selon plusieurs médias, le Canada aurait accepté de faire des concessions afin de permettre aux producteurs laitiers américains un plus grand accès au marché canadien. Ottawa aurait aussi consenti de limiter ses exportations d’automobiles vers les États-Unis.

Le gouvernement Trudeau aurait ainsi permis de conserver une clause à laquelle il tenait, mais que les États-Unis souhaitaient retirer de la prochaine entente à propos du mécanisme de règlement des conflits entre les pays de l’ALENA (chapitre 19). 

Les tarifs douaniers sur l’aluminium et l’acier imposés par le président Trump seraient quant à eux maintenus.  

« M. Trudeau vient de décider que les fermes québécoises vont encore payer 300 millions $ de plus de pertes [...] pour protéger l’industrie automobile de l’Ontario», a réagi le chef péquiste Jean-François Lisée dimanche soir sur sa page Facebook.

Finalisée cette nuit

Selon plusieurs sources consultées par le quotidien torontois The Globe and Mail, les deux parties espéraient finaliser l’accord pendant la nuit pour en faire l’annonce officielle ce matin. Il ne manquait plus que l’aval final de Trudeau et du président américain Donald Trump, mais ce dernier approuverait la nouvelle entente, selon l’agence Bloomberg.

Toujours selon les informations du journal Globe and Mail, la nouvelle entente prévoirait que les Canadiens puissent acheter davantage de marchandise en ligne sans devoir payer de droits de douane. 

Cette entente survient après plus d’un an de négociations, entamées à la suite de l’élection de Trump à la tête des États-Unis. 

Washington avait fixé l’échéancier des négociations à minuit lundi.

Justin Trudeau n’a pas voulu donner de détails sur l’entente de l’ALENA survenue dimanche avec les États-Unis. 
AFP

Le gouvernement Trump veut présenter au Sénat avant le 1er octobre le texte de l'accord déjà accepté par le Mexique et les États-Unis en août, car ce dépôt déclenche un compte à rebours de 60 jours avant la signature officielle.

Mexico et Washington veulent signer le nouvel ALENA négocié avec le Mexique avant l'entrée dans ses fonctions du président élu mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, début décembre.

Le président américain a encore compliqué cette délicate négociation en s'en prenant de façon très peu diplomatique au Canada au cours d'une conférence de presse à New York, affirmant avoir refusé de rencontrer Justin Trudeau à cause de l'intransigeance de ses négociateurs. Le Canada a régulièrement répété de son côté que, pour lui, pas d'accord valait mieux qu'un mauvais accord.

Sujet du jour

Plus tôt durant le dernier jour de la campagne électorale québécoise, la menace de concessions majeures d’Ottawa sur la gestion de l’offre du secteur laitier à la demande des Américains est venue hanter les politiciens. 

À Saguenay, le chef libéral Philippe Couillard, qui n’a eu « aucune communication directe » à ce sujet, a demandé aux Québécois de se « rallier derrière lui en cette période si importante » et remplie d’incertitude.

Le caquiste François Legault s’est positionné différemment. 

« Ce n’est pas le temps d’être partisan. Il faut que les quatre chefs parlent ensemble : on doit protéger la gestion de l’offre », a-t-il lancé à Longueuil.

-Avec Vincent Larin et Charles Lecavalier, Bureau parlementaire

L’Aléna devient l’Accord économique États-Unis, Mexique, Canada (AEUMC)

AFP | Les États-Unis, le Canada et le Mexique sont parvenus dimanche à un accord de libre-échange pour l’Amérique du Nord nommé l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) en remplacement d’un traité datant de 1994, selon un communiqué conjoint américano-canadien.

«L’AEUMC offrira à nos travailleurs, agriculteurs, éleveurs et entreprises un accord commercial de grande qualité qui donnera lieu à des marchés plus libres, à un commerce plus équitable et à une croissance économique solide dans notre région», souligne ce communiqué.

Il a été publié peu avant minuit dimanche soir, la date-butoir imposée par les États-Unis pour arriver à rallier le Canada au compromis déjà trouvé par Mexico et Washington fin août.

C’est le président Trump qui a forcé à la renégociation du vieil accord de l’Aléna (1994), qui en 24 ans a permis d’intimement imbriquer les économies des trois pays. Il a toujours dénoncé l’Aléna comme un accord «désastreux» pour l’économie américaine, et insisté tout particulièrement pour que le nom en soit changé.

Le Mexique et les États-Unis s’étaient entendus sur un compromis dès août, puis les Canadiens ont négocié d’arrache-pied avec les Américains, avec des hauts et des bas. Y compris une extraordinaire attaque du président Trump la semaine dernière à l’encontre de la principale négociatrice canadienne, la ministre des affaires étrangères Chrystia Freeland.

En échange d’un meilleur accès au marché laitier canadien, Washington a accepté de maintenir tel quel le mécanisme de règlement des différends auquel les Canadiens tenaient beaucoup.

«C’est un accord fantastique pour les États-Unis, le Canada et le Mexique», a affirmé un haut responsable de l’administration Trump, ayant requis l’anonymat, lors d’une conférence téléphonique annonçant le nouvel accord.

Le texte de l’accord lui-même n’avait pas été publié dans la nuit de dimanche à lundi, et peu de détails précis avaient filtré.

En revanche, les lourds droits de douane imposés à l’acier et à l’aluminium canadien --parmi d’autres-- par un président Trump soucieux de protéger la sidérurgie américaine restent en place pour le moment, malgré la colère d’Ottawa.

«Il s’agit d’un sujet totalement différent», a indiqué le même haut responsable américain.

Le texte de l’accord a été soumis au Congrès américain dimanche soir dès sa conclusion. Cela permet de respecter un délai de 60 jours imposé par la loi avant la signature du document à la toute fin novembre par le président Donald Trump, le Premier ministre Justin Trudeau et le président mexicain sortant Enrique Peña Nieto.

Outre les changement sur l’accès au marché laitier canadien, les responsables américains ont souligné que le texte protégeait mieux les travailleurs, comportait de strictes règles environnementales, couvrait pour la première fois l’économie numérique ainsi que des protections «sans précédent» de la propriété intellectuelle.

Ce texte comporte également des provisions pour empêcher les «manipulations» des échanges commerciaux, soit par les devises, soit par un détournement des avantages de ce marché libre par des pays non signataires.

Le texte final comporte également une clause qui permet de réexaminer l’accord tous les six ans, a précisé un responsable américain.