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Ch-ch-ch-ch-changes!

Manon Massé
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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Je l’ai écoutée des douzaines de fois, cette chanson. Des centaines même, possiblement. Jamais avant ce week-end une phrase ne m’était apparue si clairement, presque matérialisée physiquement dans la pièce.

La chanson de Bowie parle de «changement», justement le thème central de moult élections dans moult endroits du monde depuis moult décennies. «Ch-ch-ch-ch-changes!»

Et au deuxième couplet, les paroles du grand étrange cristallisent le combat des générations depuis la nuit des temps.

«And these children that you spit on
As they try to change their worlds
Are immune to your consultations»

J’ai entendu et compris, pour la première fois peut-être, ce que ce passage voulait dire. J’ai remis l’aiguille sur le disque à l’endroit précis, à plusieurs reprises. Je vais finir par croire que toute la sagesse du monde se retrouve dans les chansons de David Bowie.

J’ai immédiatement pensé à notre réaction, à nous les médias, les chroniqueurs, les radios, face à la montée de Québec solidaire cette semaine. La diabolisation totale d’une idéologie qui, oui, s’abreuve au communisme, au marxisme, au socialisme. Une idéologie qui manque cruellement de réalisme économique. Mais qui n’est pas que ça.

On retrouve dans la mentalité solidaire un humanisme qui manque souvent en politique. Une volonté de bien faire pour les gens, pour les plus démunis, pour servir le citoyen et non le «système». Des vœux pieux? Soit. Ça en prend, de l’idéalisme.

Mais surtout, surtout, c’est une mentalité qui attire les jeunes. Ceux-là mêmes qu’on blâme de ne pas aller voter. De ne pas s’impliquer dans le processus. De préférer la «démocratie directe».

Je crois profondément que quelque chose qui amène les jeunes à s’intéresser à notre processus démocratique ne peut pas être totalement mauvais. Juste là, QS trouve sa nécessité. Je doute fort qu’on se rende un jour à du vrai pouvoir pour le parti. Je ne voterai pas pour eux et une grande partie de ma génération ne le fera pas non plus. Trop d’acquis à protéger.

Mais les jeunes, eux, y trouvent un peu leur compte, pour une fois. Laissons-les rêver de changer le monde. Laissons-les même essayer. Peut-être réussiront-ils mieux que nous. Sinon la réalité les frappera bien assez vite.

C’est un peu comme ceux qui se sont insurgés contre le débat anglophone. On se plaint depuis des années que la communauté anglo vote en bloc pour le PLQ. Il me semble qu’un débat dans leur langue est une première étape pour changer cet état de choses, non?

Ch-ch-ch-ch-changes!