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Intrigue à l’arrivée du régime britannique

Laurent Turcot
Photo courtoisie Julie Artacho

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L’historien Laurent Turcot a imaginé une intrigue se déroulant à Québec au début du régime britannique dans son tout premier roman, L’homme de l’ombre. Entre Saint-Jean-Port-Joli et Batiscan, toutes sortes de manigances se trament derrière le meurtre d’un homme dans la côte de la Montagne, et le Français Pierre Dubois veut connaître la vérité.

Il en a tout intérêt puisqu’il a été un des premiers à découvrir le corps. Les autorités l’ayant considéré comme suspect, il décide de se lancer lui-même à la poursuite de l’assassin. Ce ne sera pas chose simple, car quelqu’un veut sa perte... et son passé n’est pas très net.

Laurent Turcot a choisi de s’adresser au grand public pour parler d’Histoire : il a fait un jeu vidéo, il a lancé sa chaîne YouTube et s’est lancé dans l’écriture d’un roman historique. « Je suis né à Sainte-Foy et j’ai travaillé longtemps au Musée de l’Amérique française où on racontait l’histoire de la Nouvelle-France. Je trouvais qu’il y avait quelque chose de plus noir : la période britannique. Et il n’y avait pas grand-chose là-dessus : ça s’arrêtait avec la bataille de 1759. »

Il trouvait qu’il y avait dans cette époque méconnue beaucoup de matière à roman. Après la Conquête, Québec était au cœur de toutes les tensions canadiennes avec la présence des Britanniques, des Français qui étaient encore là, et des Canadiens qui étaient sur place depuis des générations.

Comme historien, il avait une longueur d’avance pour imaginer un roman dans ce cadre précis. « Notre histoire est tellement hot ! », s’exclame-t-il. « À Québec, c’est hallucinant ce qui s’est passé. »

Vraie trame historique

Toute la trame historique du roman, d’ailleurs, est vraie. « Oui, ça s’est vraiment passé comme ça », déclare-t-il, en précisant qu’après la Conquête, il y a eu des résistances. « Certains des plus grands esprits qui ont fondé le Québec moderne sont nés dans ces années. Dans le tome un, on voit le père de Louis-Joseph Papineau, alors qu’il avait 18 ans, au Petit Séminaire de Québec. »

Liberté totale

Il a apprécié la liberté totale que lui apportait le travail de romancier. « J’ai adoré ça ! J’ai tellement aimé ça que j’ai écrit le tome 2, et je commence à me dire que je vais faire une trilogie. »

Son personnage de Pierre Dubois est fort intéressant. « Je ne voulais pas un personnage qui soit vraiment droit, qui ne fasse que le bien et qui soit parfait parce que dans ma tête, on est tous torturés, tout croches et à l’envers. Je voulais des personnages qui reflètent ça. »

  • Laurent Turcot est professeur à l’UQTR.
  • Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire des loisirs.
  • Il intervient régulièrement dans les médias.

EXTRAIT

<b><i>L’homme de l’ombre, tome 1 : Québec, 1770</i></b><br>
Laurent Turcot, Éditions Hurtubise, 330 pages
Photo courtoisie, Éditions Hurtubise
L’homme de l’ombre, tome 1 : Québec, 1770
Laurent Turcot, Éditions Hurtubise, 330 pages

« Arrivé devant la caserne où logeait O’Sullivan, Dubois put apercevoir une longue série de bâtiments en pierres grises dont le corps rectangulaire était surmonté d’un toit d’ardoise. Les petites fenêtres blanches étaient réparties également sur la surface et rien ne laissait croire que ces bâtiments abritaient des militaires britanniques si ce n’est, bien sûr, les deux soldats qui montaient la garde rue Arsenal au coin de la rue des Pauvres. »

– Laurent Turcot, L’homme de l’ombre, Éditions Hurtubise