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Tiré à bout portant par un inconnu chez lui

La victime a juste eu le temps de faire dévier l’arme

Jacques Sénécal
Photos d'archives Entre 2006 et 2009, une série de violations de domicile s’est déroulée à Montréal et Laval. L’artiste peintre Jacques Sénécal (en mortaise) est mort lors de l’une d’elles.

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Un Montréalais a bien cru mourir quand il s’est fait tirer dessus à bout portant lors d’une invasion de domicile, a-t-il raconté au procès de l’assaillant allégué ce lundi.

«Il a mis le “gun” sur ma tête, il a tiré au moment où j’ai poussé l’arme avec ma main, la balle a traversé mon doigt, j’ai encore une cicatrice», a expliqué Frank Dike ce lundi au palais de justice de Montréal.

M. Dike est le premier témoin au procès de Septimus Neverson, un homme de 56 ans accusé de 54 accusations, dont une pour le meurtre de l’artiste Jacques Sénécal, abattu chez lui le 20 juillet 2006.

Neverson aurait commis 13 d’invasions de domicile, faisant 39 victimes, dont un enfant de 10 ans qui aurait été utilisé comme otage lors d’un des crimes afin de fuir les policiers.

Selon la théorie de la Couronne, il aurait sévi à Montréal et Laval entre 2006 et 2009 avant de retourner vivre à Trinité-et-Tobago. Il a été extradé au Québec en 2015.

«Je vais te tuer»

En ouverture de procès, la poursuite a fait entendre M. Dike, un résident de Verdun qui a lui-même été victime d’une invasion de domicile quelques jours avant le meurtre du peintre. Ce soir-là, le consultant financier rentrait chez lui lorsqu’il a remarqué que son climatiseur n’était plus encastré dans la fenêtre.

«En descendant dans le sous-sol, je suis tombé sur quelqu’un debout, masqué, qui avait une arme à feu dans les mains», a-t-il expliqué. «Il l’a pointée vers moi en me disant de ne pas bouger.»

L’assaillant aurait alors demandé à la victime où se trouvait l’argent. M. Dike dit avoir répondu qu’il n’en avait pas. Neverson se serait alors approché de sa victime pour mettre l’arme sur la tempe.

«Je vais te tuer», aurait dit Neverson avant de faire feu, manquant de près de tuer la victime.

Tiré dans le dos

M. Dike se serait mis à courir dans la rue pour échapper à son assaillant, mais il aurait trébuché sur une roche. Il s’est alors pris une autre balle, cette fois dans le dos, à quelques centimètres de sa colonne vertébrale.

 « J’ai vraiment eu peur pour ma vie, a témoigné M. Dike, qui a réussi à se réfugier dans un restaurant. J’étais en panique, je croyais qu’il me suivait. Il y avait du sang partout. »

Lors de son interrogatoire, M. Dike a assuré que même si son assaillant était cagoulé, il était certain de ne pas le connaître.

« Je n’ai pas reconnu sa voix, je ne l’avais jamais vu avant », a dit M. Dike.

Le procès, qui se déroule devant le juge Guy Cournoyer, est prévu pour durer quatre mois.

Le dossier est mené par les procureurs de la Couronne Catherine Perreault et Louis Bouthillier. Sabrina Lapolla et David Petranic agissent pour la défense.