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Le Nobel de médecine à un duo nippo-américain pour ses recherches sur le cancer

 Tasuku Honjo (à gauche)  et James P Allison (à droite)
AFP Tasuku Honjo (à gauche) et James P Allison (à droite)

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STOCKHOLM | Le prix Nobel de médecine a été attribué lundi à l’Américain James P. Allison et au Japonais Tasuku Honjo pour leurs recherches sur l’immunothérapie qui se sont révélées particulièrement efficaces dans le traitement de cancers virulents.

« En stimulant la capacité de notre système immunitaire à attaquer les cellules cancéreuses, les lauréats du prix Nobel cette année ont établi un tout nouveau principe pour soigner le cancer », a souligné l’Assemblée Nobel de l’Institut Karolinska à Stockholm.

Chacun de leur côté, les deux scientifiques se sont évertués à « lâcher les freins » et « appuyer sur les bonnes pédales d’accélération » du système immunitaire de façon à lui permettre de « neutraliser des micro-organismes étrangers », a précisé le jury Nobel.

« J’en rêvais, mais je ne pensais pas que cela se réaliserait. Ça me semblait trop gros », a réagi James P. Allison, 70 ans, contacté par l’agence de presse suédoise TT.

Ce professeur d’immunologie au Centre du cancer de l’Université du Texas et Tasuku Honjo, 76 ans, professeur à l’Université de Kyoto, avait déjà reçu conjointement en 2014 le prix Tang, présenté comme la version asiatique des Nobels.

Le Nobel de médecine était allé l’an dernier à trois généticiens américains dont l’étude de l’horloge biologique éclaire l’adaptation du corps au cycle du jour et de la nuit, les troubles du sommeil et leurs effets sur la santé.

Les derniers Français honorés dans cette discipline sont Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, en 2008, pour avoir identifié en 1983 le virus du sida.

Après la médecine, suivront la physique mardi, la chimie mercredi et l’économie lundi 8 octobre.

Le lauréat du Nobel de la paix sera dévoilé vendredi à Oslo.

Pour la première fois depuis 1949, l’annonce du prix de littérature a été reportée d’un an par l’Académie suédoise, enferrée dans des divisions internes et le retrait de plusieurs membres l’empêchant de fonctionner normalement.

Les prix Nobel ont été attribués pour la première fois en 1901, après que le riche industriel suédois Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, eut légué sa fortune à la création de ces prix.

Les lauréats reçoivent le 10 décembre une médaille en or, un diplôme et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (environ 1 200 000 $) qui peut être divisé dans chaque catégorie entre trois gagnants maximum.

Nobel de médecine: les lauréats des dix dernières années

Voici la liste des lauréats des dix dernières années du Nobel de Médecine, dont le prix 2018 a été attribué lundi par l’Assemblée Nobel de l’Institut Karolinska de Stockholm: 2018: James P. Allison (États-Unis) et Tasuku Honjo (Japon) pour leurs recherches sur l’immunothérapie qui se sont révélées particulièrement efficaces dans le traitement de cancers virulents.

2017: Jeffrey C. Hall, Michael Rosbash et Michael W. Young (États-Unis), qui ont démonté les mécanismes complexes de l’horloge biologique.

2016: Yoshinori Ohsumi (Japon) pour ses travaux sur l’autophagie, processus par lequel nos cellules digèrent leurs propres déchets et qui, en cas de dysfonctionnement, déclenche la maladie de Parkinson ou le diabète.

2015: William Campbell (Irlande/États-Unis), Satoshi Omura (Japon) et Tu Youyou (Chine) pour leurs découvertes de traitements contre les infections parasitaires et le paludisme.

2014: John O’Keefe (Grande-Bretagne/États-Unis) et May-Britt et Edvard Moser (Norvège), pour leurs recherches sur le « GPS interne » du cerveau, qui pourrait permettre des avancées dans la connaissance de la maladie d’Alzheimer.

2013: James Rothman, Randy Schekman et Thomas Südhof (États-Unis), pour leurs découvertes sur les transports intracellulaires, qui font mieux connaître des maladies comme le diabète.

2012: Shinya Yamanaka (Japon) et John Gurdon (Grande-Bretagne), pour leurs travaux sur la réversibilité des cellules souches, qui permet de créer tous types de tissus du corps humain.

2011: Bruce Beutler (États-Unis), Jules Hoffmann (France) et Ralph Steinman (Canada), pour leurs recherches sur le système immunitaire qui permet à l’organisme humain de se défendre contre les infections, favorisant la vaccination et la lutte contre des maladies comme le cancer.

2010: Robert Edwards (Grande-Bretagne), le père des bébés-éprouvette.

2009: Elizabeth Blackburn (Australie/États-Unis), Carol Greider et Jack Szostak (États-Unis), pour leurs découvertes sur les mécanismes de la vie et leurs applications dans la lutte contre le vieillissement.