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AEUMC: Voici le résumé du nouvel accord de libre-échange

Le pays conclut un nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique après des mois de négos

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Photo Agence QMI, Matthew Usherwood Le premier ministre Justin Trudeau et la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, ont indiqué en conférence de presse lundi avoir obtenu le meilleur accord dans les circonstances.

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OTTAWA | Le premier ministre Justin Trudeau assure que le nouvel accord de libre-échange conclu avec les États-Unis est un «grand pas en avant», puisqu’il met fin à des mois d’«incertitude».

«C’est une bonne chose d’avoir de la stabilité, d’avoir un accès [au marché américain], d’avoir un accord qui va protéger les emplois de la classe moyenne», a-t-il vanté, lundi. De nombreux experts lui donnent en partie raison. En arriver à un pacte avec le président américain, Donald Trump, est, selon eux, une victoire en soi. Mais les oppositions à Ottawa et la classe politique à Québec l’accusent d’avoir capitulé, notamment sur la gestion de l’offre. L’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) remplace l’ALENA. En voici un résumé.

Des médicaments plus chers

Le nouvel accord fera en sorte que les Canadiens paieront éventuellement plus cher certains médicaments. À l’heure actuelle, les entreprises qui confectionnent les produits génériques doivent attendre huit ans pour reprendre la recette originale développée par les grands fabricants. Or, les brevets de ceux-ci pourront être allongés à 10 ans, en vertu du nouveau pacte économique.

«Cette décision est une bombe à retardement, croit le professeur à l’École de gestion de l’Université Carleton d’Ottawa, Ian Lee. Les contribuables vont en faire les frais. C’est beaucoup plus controversé que la gestion de l’offre, à mon avis.»

Producteurs laitiers en colère

Le nouvel accord permet aux producteurs laitiers américains d’empiéter sur le marché des producteurs canadiens, qui sont à 50 % québécois. Il s’agit d’une autre brèche dans la gestion de l’offre — un système de quotas qui donne un revenu stable aux fermiers d’ici. L’industrie américaine aura donc le droit de gruger une part additionnelle de 3,6 % de notre marché local. Justin Trudeau assure qu’il s’agit d’un moindre mal, compte tenu du fait que Donald Trump aurait souhaité l’abolition totale de la gestion de l’offre qui protège le marché canadien. Le premier ministre promet aussi des compensations «adéquates» aux agriculteurs canadiens.

Un tribunal juste et équitable

Le Canada, le Mexique et les États-Unis devront continuer de faire appel à un tribunal indépendant pour régler leurs différends commerciaux. La préservation de ce mécanisme était primordiale pour le gouvernement Trudeau. Donald Trump, lui, voulait le démanteler.

Exception culturelle protégée

Chère au fédéral, l’exception culturelle canadienne est protégée, malgré les protestations des États-Unis. Cette clause permet au Canada de subventionner le secteur de la culture et de le protéger du libre marché.

Encore des tarifs sur les métaux

Ottawa n’a pas obtenu que l’administration Trump abandonne ses lourds droits de douane sur l’acier et l’aluminium, provoquant la colère de l’industrie des métallos.

Ce qu’ils ont dit

«Ce qu’on a présentement, c’est un ALENA, mais avec plus de concessions canadiennes. Nos agriculteurs se voient sacrifiés [...], et pourtant, le premier ministre nous avait dit mille fois qu’il allait défendre la gestion de l’offre.» –Guy Caron, député du Nouveau Parti démocratique

«Justin Trudeau doit expliquer pourquoi nous avons aujourd’hui un moins bon accord que le précédent [l’ALENA].» –Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

«Le seul problème de Justin, c’est qu’il aime son peuple. Nous avions toujours une très bonne relation. Elle s’est un peu envenimée ces deux derniers mois, mais cela a été surmonté par cet accord.» –Donald Trump, président des États-Unis