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Désormais

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Est-ce parce que j’ai commencé ma journée en apprenant la mort de Charles Aznavour ?

Toujours est-il que ses plus belles chansons ont hanté toute ma soirée électorale, hier.

Comme une bande-son qui commentait chaque image, chaque annonce, chaque analyse.

VIENS VOIR LES COMÉDIENS

Quand je voyais Manon Massé sauter de joie en apprenant que QS triplait son nombre de députés, j’entendais Je m’voyais déjà. « Je m’voyais déjà en haut de l’affiche / En dix fois plus gros que n’importe qui mon nom s’étalait / Je m’voyais déjà adulée et riche / Signant mes photos aux admirateurs qui se bousculaient... »

Quand j’apercevais Jean-François Lisée encaisser sa déconfiture historique, les accords mélancoliques de Hier encore flottaient au-dessus de ma télé. « J’ai fait tant de projets qui sont restés en l’air / J’ai fondé tant d’espoirs qui se sont envolés / Que je reste perdu ne sachant où aller / Les yeux cherchant le ciel, mais le cœur mis en terre... »

Quand j’ai appris que les libéraux mordaient la poussière, j’ai entendu le grand Charles chanter Il faut savoir. « Il faut savoir quitter la table / Lorsque l’amour est desservi / Sans s’accrocher, l’air pitoyable / Mais partir sans faire de bruit.

« Il faut savoir coûte que coûte / Garder toute sa dignité / Et malgré ce qu’il nous en coûte / S’en aller sans se retourner... »

Et quand j’ai appris que la CAQ allait former un gouvernement majoritaire, le fantôme d’Aznavour s’est réveillé et a chanté très fort, tel Michel Côté dans C.R.A.Z.Y. : « Emmenez-moi au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles... »

LA BOHÈME

Après avoir régné sur le monde politique pendant plus de 40 ans, le fameux pas-de-deux PLQ/PQ a fait un dernier tour de piste, hier.

Je suis sûr que plusieurs Québécois aux cheveux gris qui n’ont rien connu d’autre que l’éternelle lutte fédéralisme/souverainisme se sentent aujourd’hui comme le narrateur de La Bohème. « Quand au hasard des jours / Je m’en vais faire un tour / À mon ancienne adresse / Je ne reconnais plus / Ni les murs ni les rues / Qui ont vu ma jeunesse... »

Cela dit, si j’étais membre de la CAQ, je prendrais ma victoire avec une bonne dose d’humilité.

Car au Québec, depuis quelques années, on ne vote plus POUR, on vote CONTRE.

Les Québécois, hier, n’ont peut-être pas tant voté pour la CAQ que contre le gouvernement libéral qui laisse un système de santé et un système d’éducation en lambeaux après 15 ans de pouvoir.

On a appuyé le parti qui avait le plus de chances de lui montrer la porte.

Comme si on chantait à Philippe Couillard : « Dieu que t’as changé en cinq ans / Tu t’laisses aller, tu t’laisses aller... »

LES PLAISIRS DÉMODÉS

Qui sait ? Si François Legault et ses troupes ne livrent pas la marchandise, dans quatre ans, nous chanterons en chœur Paris au mois d’août. « Balayé par septembre / Notre amour d’un été / Tristement se démembre / Et se meurt au passé... »

Et nous retournerons en arrière, vers un PQ reconstruit ou un PLQ contrit, retrouver nos amis, nos amours, nos emmerdes...