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Un Autochtone reçoit 35 000$ de contraventions

La SQ se défend d’avoir visé les Autochtones

L’agent Jean-Raphaël Drolet et l’inspecteur Jean-Pierre Pelletier, mardi, lors de leur comparution devant la commission Viens, à Val-d’Or.
Capture d'écran L’agent Jean-Raphaël Drolet et l’inspecteur Jean-Pierre Pelletier, mardi, lors de leur comparution devant la commission Viens, à Val-d’Or.

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VAL-D’OR | La Sûreté du Québec a été obligée de se défendre, mardi, d’avoir distribué jusqu’à 35 000 $ en contraventions à un Autochtone de Val-d’Or.

Jerry Anichinapéo a été condamné en 2015 à 39 mois de prison pour ne pas avoir payé 35 000 $ en contraventions.

Il avait raconté son histoire en août devant la commission Viens, qui est mandatée pour étudier les relations entre les Autochtones et certains services publics.

Plusieurs de ces amendes ont été distribuées par des policiers de Val-d’Or pour avoir consommé de l’alcool ou de la drogue dans des lieux publics, comme des parcs ou la rue principale.

La SQ était de passage devant la commission Viens, mardi, afin d’expliquer ses interventions contre le flânage et l’itinérance au centre-ville de Val-d’Or au début des années 2010.

Problèmes importants

Environ 75 % des contraventions ont été remises à des Autochtones, alors qu’ils représentent 4 % de la population de la ville de 35 000 habitants. La SQ soutient tout de même que les policiers ne visaient pas les Premières Nations. Tous les citoyens emprisonnés pour ne pas avoir payé leurs contraventions étaient autochtones.

Selon l’agent de la SQ du poste de Val-d’Or, Jean-Raphaël Drolet, le problème d’itinérance était important. Au point où de nombreux citoyens et commerçants contactaient les policiers pour des excréments dans des commerces, de l’urine sur des voitures ou des attroupements de gens qui consommaient de l’alcool ou de la drogue sur les trottoirs et qui bloquaient le passage des citoyens.

Opération Centre-ville

L’agent Drolet a collaboré à mettre en place une stratégie afin d’améliorer la situation pour redonner confiance aux citoyens d’aller sur la 3e Avenue, à Val-d’Or.

La SQ a mis en place l’opération Centre-ville, qui a accentué la présence policière sur cette artère principale de la ville abitibienne.

Mais selon le procureur de la commission, Me Paul Crépeau, il s’agissait d’un plan « purement répressif » pour distribuer plus de contraventions.

« Vous saviez que les gens ne pouvaient payer leurs contraventions et seraient incarcérés », a-t-il dit à l’agent Drolet.

À l’automne 2015, la SQ a changé de stratégie. Plutôt que de distribuer des contraventions, la nouvelle directrice du poste de Val-d’Or, Ginette Séguin, a décidé d’agir en prévention. La création du poste de police mixte autochtone à l’automne 2016 a amélioré la communication entre les policiers et les Autochtones.

Des policiers patrouillent avec des travailleurs sociaux pour diriger les itinérants et les flâneurs vers les bonnes ressources.

Le nombre de contraventions a diminué de 81 % entre 2014 et 2017.