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La Presse poursuivi pour avoir altéré une image

La Presse poursuivi pour avoir altéré une image
Photo Agence QMI, Maxime Deland

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La maison d’édition de l’auteure Ingrid Falaise vient d’intenter une poursuite de 25 000 $ contre La Presse, qui aurait volontairement effacé son nom et son logo de la couverture du livre coiffant une chronique.

« L’altération et la mutilation volontaire de l’œuvre [...] constituent une violation flagrante des droits moraux [de l’auteur] », peut-on lire dans une poursuite civile déposée par Les éditions Libre Expression.

L’image litigieuse a été publiée le 21 août dernier dans une chronique à propos de l’adaptation télévisuelle du livre Le Monstre. Dans ce récit autobiographique, la comédienne Ingrid Falaise raconte l’enfer qu’elle a vécu aux mains d’un ex-conjoint violent, et la façon dont elle a réussi à sortir de cette emprise.

À côté de la chronique figurait une photo de la couverture du livre. Or, font remarquer les avocats, la photo a été altérée pour retirer tant le nom et le logo de Libre Expression.

« Un tel geste démontre de façon manifeste l’intention de La Presse de nuire à Libre Expression », peut-on lire dans le document de cour déposé au palais de justice de Montréal.

Libre Expression est une division de Groupe Librex, qui appartient à Québecor Média.

Pas la première fois

Pour la maison d’édition, il s’agit là d’une violation flagrante de droit d’auteur qui n’a jamais été autorisée. La Presse avait plus tard publié une « précision » laconique en présentant des excuses, mais ça n’a pas été suffisant aux yeux de Libre Expression.

D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une première, est-il indiqué dans la poursuite civile.

En 2010, La Presse aurait fait de même avec un livre publié par Les Éditions Stanké de l’auteur Fabrice de Pierrebourg.

« Comme dans le présent cas, la partie inférieure de la page couverture du livre Martyrs d’une guerre perdue d’avance comprenant le nom de l’éditeur avait été coupée et non reproduite », peut-on lire dans le document de cour.

Libre Expression réclame ainsi 15 000 $ à La Presse à titre de dommages-intérêts, ainsi que 10 000 $ en dommages exemplaires « puisque la violation de [La Presse] constitue une récidive et démontre une intention manifeste de violer les droits de la demanderesse ».

Il est également demandé à la Cour supérieure du Québec d’ordonner à La Presse de diffuser un texte reconnaissant explicitement l’erreur.

À moins d’un règlement à l’amiable, la poursuite civile sera prochainement présentée à un juge.