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Un gros lundi sous le signe de la division politique

Un gros lundi sous le signe de la division politique
S�bastien St-Jean / Agence QMI

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La présentation d’un nouvel accord de libre-échange et la victoire de la Coalition Avenir Québec la même journée illustrent le fossé qui se creuse entre villes et régions.

Lundi a été une journée fort mouvementée, alors qu’un nouvel accord commercial a été annoncé, que le commissaire de l’Unité permanente anticorruption a abruptement annoncé la fin de son mandat et que l’élection provinciale a porté au pouvoir un nouveau parti pour la première fois en 40 ans (et c’est sans compter les nouvelles sportives).

On peut présumer que Justin Trudeau aurait préféré que les détails de ce nouvel accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, l’AEUMC, ne soient révélés qu’au lendemain de l’élection québécoise. C’est sans doute aux États-Unis qu’on doit cette drôle de coïncidence.

L’accord, entre autres choses, implique des concessions du Canada dans les secteurs de l’automobile et de l’agriculture. Les agriculteurs québécois étaient très inquiets de ce qui pouvait se retrouver dans cet accord et cette inquiétude s’est visiblement transposée auprès des chefs québécois qui, comme pendant toute la campagne, ont montré un soutien indéfectible à la gestion de l’offre. En contrepartie de ces concessions, le Canada a obtenu le maintien du mécanisme actuel de règlement des différents et la protection de l’exception culturelle.

La même journée, le paysage politique québécois était complètement redessiné, alors que les deux plus vieux partis du Québec étaient supplantés par des partis qui n’existaient pas il y a à peine quinze ans. La Coalition Avenir Québec formera un gouvernement majoritaire après seulement trois élections. Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois ont tous les deux atteints des creux inédits depuis des décennies. Ce dernier a été doublé par sa gauche par Québec Solidaire, qui a essentiellement gagné là où le PQ est né : chez les jeunes et dans les villes.

À deux circonscriptions près, l’Île de Montréal est maintenant complètement dominée par le PLQ et QS, deux partis qui ont fait de leur appui à l’immigration et la diversité des thèmes centraux de leurs plateformes. Les partis qui ont axé leurs campagnes sur la protection de la langue française et de la laïcité de l’État sont quasiment absents de l’Île. Le clivage qui commençait à poindre en 2012 et en 2014 est maintenant évident. La reconfiguration entre partis cosmopolites et partis nationalistes ne va pas aller en s’amenuisant et il semble qu’elle sera bien apparente sur la carte géographique.

Quel lien avec le libre-échange? Les accords de libre-échange sont des accélérateurs d’urbanisation. Plus le commerce entre les états est important, plus les villes deviennent économiquement importantes. En fait, les données nationales sur le commerce international dissimulent le fait que c’est principalement entre grandes villes que le commerce s’intensifie. Les villes comme Montréal, Toronto ou Boston deviennent de plus en plus des passages obligés pour accéder aux échanges de marchandises, de connaissances et d’opportunités. L’accord que Chrystia Freeland a négocié, qui protège l’industrie culturelle mais néglige le secteur agricole est une métaphore très parlante de cette division qui s’accentue entre nos grandes villes et le reste de nos territoires.

Avec cette orientation avouée pour la mondialisation et les villes, ou son désir de financer du transport en commun mais pas des routes, la relation entre Justin Trudeau et François Legault ne sera pas de tout repos. Au cœur de leurs futures prises de bec, attendez-vous à voir Montréal !

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