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Une métropole reléguée au rôle de lobbyiste ?

Le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault, rencontre la mairesse de Montréal, Valérie Plante, dans le cadre des Élections provinciales 2018.
CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

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Tous les chefs ont fait leur arrêt à l’hôtel de ville de Montréal durant la campagne, avec un intérêt variable selon le baromètre du vote. Ce n’est pas surprenant qu’au lendemain de la razzia de sièges bleus sur le Québec, le poids de la métropole et sa capacité d’influence dans ce nouveau gouvernement soient source d’incertitudes, en premier lieu pour la mairie de Montréal. Toutefois, la récente et discrète réorganisation du Cabinet de la mairesse juste avant les élections apparait une idée arrivée à point à la lumière des résultats de lundi soir.

Montréal en mode influence

La CAQ n’avait pas Montréal dans sa ligne de mire. D’ailleurs peu d’engagements, tous partis confondus, visaient Montréal. Avec seulement deux députés élus sur l’île – dont une limousine quasi garantie - la voix de Montréal devra se faire entendre autrement qu’au sein du caucus caquiste. Vu le nombre de sièges remportés dans le 450, les pressions seront fortes pour faire pencher la balance du côté des couronnes sur des enjeux pourtant critiques pour la métropole. Pensons ici aux élargissements d’autoroutes promis qui n’ont rien d’une solution aux problèmes de congestion. On peut penser que même le ou la ministre de la métropole n’aura pas la partie facile au sein de son caucus.

Du côté de la mairie, à titre de présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), Mme Plante devra se faire rassembleuse pour convaincre le gouvernement caquiste de la primauté d’une vision métropolitaine, notamment en transport et aménagement. Outre Montréal, Laval et quelques circonscriptions, les municipalités composant la CMM sont désormais bleu pâle.

Le Montréal orange et rouge

La fébrilité autour des résultats du 1er octobre disparue, le constat lucide d’une position très minoritaire de Québec solidaire à l’Assemblée nationale fera surface. Ses élus montréalais seront davantage dans une relation de représentation des intérêts de la métropole plutôt que d’influence directe. Cela se limitera-t-il à un lobby de la ligne orange auprès d’un gouvernement qui se veut certes rassembleur, mais situé dans un tout autre spectre politique? Dans une mer caquiste, l’îlot orange montréalais semble bien isolé.

D’autre part, une fois la commotion passée chez les libéraux, n’oublions pas que ceux-ci détiennent la majorité des sièges montréalais. Laissons-leur le temps de reprendre des forces; nous pourrions possiblement être surpris par les libéraux. Leur proximité des milieux économiques, leur connaissance de Montréal et Laval, leur expérience du gouvernement, pourraient faire d’eux une opposition officielle avisée et fort utile à la métropole.

Voir venir

M. Legault se dit le premier ministre économique. Il sait très bien qu’il ne peut le faire sans prendre soins de la locomotive économique du Québec. Certainement que de nombreux acteurs s’activent pour positionner la métropole dans les premiers devoirs caquistes, la mairie en tête de liste. Or, pendant que les projecteurs étaient tournés sur la scène provinciale, Mme Plante positionnait ses pièces. La rentrée municipale a vu des changements à l’équipe politique de l’hôtel de ville: le cabinet de Mme Plante s’est doté d’un conseiller spécial aux relations gouvernementales et aux partenariats stratégiques. Ce brassage de cartes en parallèle de la campagne provinciale semble, à la lumière des résultats de lundi soir, un mouvement stratégique dont Montréal aura bien besoin dans ses relations avec le nouveau gouvernement. Il serait possible de remporter le scrutin provincial sans gain à Montréal. À l’inverse, il est impossible de gouverner le Québec sans la réussite de Montréal.