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L’Agence mondiale antidopage basée à Montréal victime d’une cyberattaque russe

L’Agence mondiale antidopage basée à Montréal victime d’une cyberattaque russe

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L’agence mondiale antidopage (AMA), basée à Montréal, a fait l’objet d’une cyberattaque dont le renseignement militaire russe (GRU) est «fort probablement responsable», a annoncé jeudi Ottawa.

L’AMA et le Centre canadien pour l’éthique dans le sport ont été visés en 2016, et le gouvernement fédéral estime que le GRU est «fort probablement responsable de ces actions», a déclaré le ministère canadien des Affaires étrangères, qui «joint sa voix à celles de ses alliés pour dénoncer une série de cyberopérations malveillantes réalisées par l’armée russe».

Ainsi, «en 2016, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a révélé que le groupe de pirates informatiques “Fancy Bear /APT28” avait divulgué des renseignements confidentiels sur des athlètes sur son site Web. Le groupe avait obtenu illégalement ces renseignements en piratant le système d’administration et de gestion de l’AMA», explique le communiqué émis par Affaires mondiales Canada.

Pour ce qui est du Centre canadien pour l’éthique dans le sport, son réseau a été compromis par un logiciel malveillant qui a permis d’y accéder sans autorisation.

«Ces activités font partie d’un mode opératoire à plus grande échelle du gouvernement russe qui dévie nettement du cadre comportemental approprié, qui démontre un mépris pour le droit international et qui sape l’ordre international fondé sur des règles. Le Canada appelle tous ceux qui valorisent cet ordre à s’unir pour le défendre», a affirmé Affaires mondiales Canada.

L’AMA a décidé en septembre de réintégrer l’agence russe antidopage, suspendue depuis novembre 2015 pour son implication dans le système de dopage d’État dans le sport russe entre 2011 et 2015.

Les États-Unis inculpent 7 agents du renseignement russe

La justice américaine a annoncé jeudi l’inculpation de sept agents présumés du renseignement militaire russe (GRU) dans le cadre d’une campagne de mondiale de cyberattaques attribuée au Kremlin et dénoncée par plusieurs pays occidentaux.

Ces inculpations comprennent notamment quatre agents russes dont l’expulsion a été annoncée jeudi par les Pays-Bas, qui les accusent d’avoir tenté de pirater le siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye, a indiqué John Demers, ministre adjoint de la Justice pour la sécurité nationale.

Les sept agents sont poursuivis par les États-Unis pour avoir piraté des instances sportives internationales dont l’Agence mondiale antidopage (AMA), le Comité olympique international (CIO), les Fédérations internationales de football (FIFA) et d’athlétisme (IAAF) ou le Tribunal arbitral du sport (TAS), ainsi que plus d’une trentaine d’instances nationales dont les agences antidopage canadienne et américaine.

Ils ont aussi visé le groupe américain Westinghouse, qui fournit notamment du combustible nucléaire aux centrales ukrainiennes.

Ils sont poursuivis pour blanchiment d’argent, fraude bancaire, fraude informatique et usurpation d’identité. Les faits courent de décembre 2014 à mai 2018, selon l’acte d’accusation.
Les opérations «concernaient des accès sophistiqués, continuels et non autorisés aux réseaux informatiques des victimes en vue de voler des informations d’ordre privé ou sensible», a précisé M. Demers.

Ils auraient ainsi volé les codes d’accès de membres de différentes organisations sportives pour se procurer des documents concernant la lutte antidopage, des dossiers médicaux ou des informations sur les procédures antidopage.

Ces informations sensibles ont été communiquées au célèbre groupe de pirates informatiques «Fancy Bear», considéré comme étant contrôlé par les services de renseignement russes. Les «hackers» ont ensuite diffusé ces documents à des journalistes dans le cadre d’une campagne de désinformation. 

L’AMA avait suspendu en 2015 l’Agence russe antidopage (RUSADA), en réponse à son rôle moteur dans le système de dopage d’État qui régissait le sport russe entre 2011 et 2015.
Certains documents de l’AMA fournis à la presse «ont été modifiés» pour «soutenir les thèses du gouvernement russe», précise l’acte d’accusation.

Trois des sept Russes poursuivis font partie des 12 responsables inculpés en juillet par le procureur spécial Robert Mueller pour ingérence dans la présidentielle américaine de 2016.
Les deux dossiers sont différents, mais ils se chevauchent, a souligné John Demers.

L’annonce intervient alors que les Pays-Bas, l’Australie, la Grande-Bretagne, l’OTAN et l’Union européenne accusent également Moscou de cyberattaques.

Le gouvernement canadien a pour sa part annoncé jeudi que l’AMA, basée à Montréal, avait fait l’objet d’une cyberattaque dont le GRU était «fort probablement responsable».