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Inspiré par son père

Rémy Girard tourne Tu te souviendras de moi, un film d’Éric Tessier qui porte sur la perte de la mémoire

Rémy Girard
Photo Agence QMI, Dominick Gravel Rémy Girard

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À la lecture du scénario de Tu te souviendras de moi, nouveau film d’Éric Tessier (Junior Majeur, 5150, rue des Ormes), Rémy Girard savait qu’il devait impérativement défendre le rôle principal d’Édouard.

« Je ne pouvais pas refuser un personnage comme ça. C’est rare que ça arrive dans une carrière d’avoir l’occasion de jouer un personnage aussi intense tout au long d’un film. Il est là tout le temps », a précisé l’acteur rencontré sur le plateau de tournage installé à Montréal.

Professeur d’histoire à la retraite devant composer avec d’importants trous de mémoire, cet Édouard dont la fille, Isabelle (Julie Le Breton), se résigne à placer dans un CHSLD, fera une rencontre déterminante, celle de la jeune Bérénice (Karelle Tremblay).

« C’est autour d’Édouard que tout gravite, a détaillé Éric Tessier, aussi coscénariste du long métrage avec François Archambault, créateur de la pièce du même titre. Il est pris avec la maladie, il oublie. Le film est sur l’oubli, sur ce qu’on fait de ces gens-là qui n’y arrivent pas »

« Tout tombe un peu en lambeaux autour de lui. Plus personne ne veut s’occuper de lui. Et là, il va se lier d’amitié avec cette jeune fille qui s’appelle Bérénice, qui est d’une tout autre génération. Bizarrement, une amitié très, très forte et très touchante va se créer entre eux. Ils vont se nourrir l’un et l’autre. »

Un rôle complexe

Pour donner vie à cet homme qui refuse de se taire, Rémy Girard a eu l’aide de son père décédé il y a une dizaine d’années.

« Je me suis beaucoup inspiré de mon père parce qu’il a eu une maladie semblable. Ce n’était pas l’Alzheimer, mais une dégénérescence vasculaire. Elle avait à peu près les mêmes symptômes. C’est difficile à jouer parce que c’est une maladie qui te prend par surprise. Tu peux être très lucide et 30 secondes après, tu peux être perdu, ne plus savoir où tu es... »

Par contre, il n’a pas eu à puiser bien loin dans ses souvenirs afin de donner corps à Édouard et d’être « le plus vrai possible. J’avais quand même une image assez claire de tout ce que j’ai ressenti avec mon père, ce qui était difficile, comment on ne pouvait plus communiquer à la fin... »

Le rire aussi

Mélange d’humour et de drame, Tu te souviendras de moi promet des scènes touchantes et émotives, mais également des moments drôles. Car oui, la situation d’Édouard le permet.

« C’est un historien, un personnage médiatique très touchant, gentil, mais il en perd des bouts. Par moments, ça devient drôle parce qu’il y a une confusion qui porte à la comédie », a expliqué le réalisateur.

« Parfois, ça peut amener des situations un peu cocasses. On n’a pas peur d’aller là-dedans quand ça se produit, mais c’est un gros travail de concentration et d’émotions d’acteur pour être juste », a quant à lui confié Rémy Girard.


♦ En tournage tout le mois d’octobre, Tu te souviendras de moi prendra l’affiche quelque part en 2019.