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Lettre à mes amis libéraux

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Votre parti a subi toute une dégelée. La pire depuis la Confédération. Quelques jours plus tard, je manque toujours de mots pour décrire l’ampleur de la gifle que les Québécois vous ont administrée.

Je ne veux pas être sadique dans une semaine déjà assez pénible. Je connais la défaite. Je veux seulement marquer l’ampleur de la remise en question qui devra s’ensuivre et le sérieux qu’il faudra investir dans la reconstruction de ce grand parti qu’est le vôtre.

Tout fut terrible ce lundi. Les francophones vous ont délaissés. Au point de terminer au quatrième rang dans d’immenses régions comme les Laurentides, par exemple. Vos électeurs traditionnellement fidèles sont restés à la maison par dizaines de milliers, indifférents face à votre message de 2018.

À l’extérieur de la région immédiate de Montréal, votre parti a été presque éradiqué. Gaspé est en danger dans un recomptage, et Roberval, vaillamment gagné par votre chef, vous échappera vraisemblablement lors d’une partielle prochaine. Sébastien Proulx à Québec et deux circonscriptions aux frontières de l’Ontario seront votre présence hors Montréal.

Fessée reportée

Il faut dire que la fessée de lundi constitue un peu un report de celle méritée en 2012. Après trois mandats, une Commission Bastarache et une Commission Charbonneau, vous auriez dû être envoyés en réflexion dans le coin cette fois-là.

Mais les Québécois ne voulaient pas réellement du PQ et la CAQ n’était pas prête. Vous avez été épargnés, au point de reprendre le pouvoir par magie en 2014 après un trop bref purgatoire.

Votre dernier mandat sous la gouverne de Philippe Couillard n’a pas été mauvais. Il avait raison de répéter hier qu’il laissait le Québec dans un meilleur état qu’il ne l’avait trouvé il y a quatre ans. Les Québécois le savent, mais cela ne leur fournissait pas une raison suffisante pour vous donner un autre mandat.

Injuste ? La politique l’est toujours un peu. Le verdict populaire est néanmoins implacable. Le PLQ est vu comme un parti usé et déconnecté. Un parti qui manque de conviction à défendre le caractère distinct du Québec et qui manque de vision pour faire rêver les Québécois à un demain meilleur.

Avenir ouvert

Je n’y vais pas avec des pincettes. Mais tout n’est pas noir. Vous avez des militants convaincus, qui seront prêts à se retrousser les manches dès les plaies guéries. La nouvelle génération vous regarde encore comme une option fort valable, les sondages l’ont montré.

Votre députation compte du talent et du leadership. Vous saurez y trouver un ou une chef. Vous pourriez même avoir ce qu’il faut pour tenir une course à la direction enlevante qui soit suivie par les Québécois.

Vous avez aussi une histoire et des ancrages solides. Il faut maintenant marier vos grands fondements avec les réalités des électeurs de demain.

Un conseil : faites les choses à fond. Vous avez quatre ans, prenez votre temps. Il n’y a plus de raccourci pour revenir au pouvoir par miracle. Il faudra parcourir le long sentier de la reconstruction.