/opinion/columnists
Navigation

Action de grâce

Coup d'oeil sur cet article

Oh que ça jase fort de politique dans les familles du Québec en cette fin de semaine de l’Action de grâce ! Ça s’entend d’ici !

Certes, les Québécois sont loin de célébrer avec autant de ferveur que les Américains le font pour leur Thanksgiving. Moins souvent qu’autour d’une dinde, c’est lors d’un Oktoberfest ou d’un brunch que nous nous retrouvons pour ce long congé qui suit le rendez-vous électoral.

Et on devine le portrait dans bien des maisons. La matante inconsolable de voir son bon PQ s’effondrer. Le beau-frère incrédule d’avoir gagné ses élections pour la première fois de sa vie. La cousine abasourdie de constater que la plupart des gens ne votent pas comme ses amis du cégep, qui ont tous un macaron QS sur leur sac à dos.

Le mononcle libéral, lui, est déjà parti pour la Floride, on dirait.

Curiosité

La famille québécoise peut apparaître disloquée. Au lendemain d’unvote où un gouvernement doté de pouvoirs sans égaux en démocratie aura été élu avec le vote de 24,5 % des électeurs inscrits, d’aucuns réclament un mode de scrutin proportionnel.

Pourtant, en fin de semaine, on se retrouve pour décanter tout ça et pour partager notre curiosité devant notre futur gouvernement, rempli de visages qui ne nous sont pas encore familiers.

Arbitrer nos différends

On a souvent entendu dire que la CAQ avait beaucoup en commun avec le PLQ. C’est peut-être pour ça que le premier ministre François Legault insiste tant pour agir vite en matière de laïcité. Pour se distinguer.

D’accord ou pas, nous pouvons profiter de cette fin de semaine pour rendre grâce. Se réjouir de vivre dans une société où on peut arbitrer nos différends politiques autour de la dinde, des saucisses ou des œufs brouillés.

Un Québec avec tant de nuances de Québécois, certes, mais un Québec où il est encore possible de discuter.