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«J’ai eu la piqûre du français»

Gabriella à Paris
Photo Cedric Bélanger

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PARIS – Mine de rien, ça fait déjà deux ans et demi que Gabriella a atteint les quarts de finale de l’émission The Voice, en France, et ses fans qui croyaient qu’elle profiterait de cette vitrine pour sortir rapidement un album ont dû prendre leur mal en patience. La Québécoise a choisi de prendre son temps et elle ne le regrette pas.

« Ç’aurait été une erreur de sortir quelque chose après The Voice. »

Assise dans un café de Montmartre, Gabriella pose un regard lucide et positif sur les deux années qui viennent de s’écouler. Même si son album, qui paraîtra sous étiquette Polydor en France, est prêt et que le premier single Tu es flou date déjà de plusieurs mois, aucune date de sortie n’a encore été fixée.

Si elle ne cache pas une certaine impatience, Gabriella convient que les choses devaient se passer ainsi. Ne serait-ce que pour promener son premier album, The Story of Oak and Leafless, paru tout juste avant The Voice et dont elle voulait faire vivre les chansons sur scène.

Il y avait aussi le défi d’apprivoiser une nouvelle langue de travail, elle qui chantait toujours en anglais avant de mettre les pieds en France.

« Après The Voice, j’ai commencé à chanter et composer en français et je ne savais pas trop si je voulais faire ça. Finalement, j’ai eu la piqûre durant la dernière année à force de faire des allers-retours ici », dit celle qui partage son temps entre Montréal et Paris, où habite son copain.

En franglais

Elle a beau avoir adopté le français, Gabriella n’a pas complètement tourné le dos à la langue des Beatles. Son album combinera les deux, annonce-t-elle. Ce sera donc du franglais ?

« Oui, mais du bon franglais. Il y en a qui ajoutent des mots en français pour respecter le quota (pour passer à la radio ou avoir accès à des subventions, par exemple). Moi, quand je compose en français, je veux que ça ait du sens. Et des doubles sens. »

Quant à l’orientation musicale, elle affirme avoir encore des cartes cachées dans son jeu.

« Le premier single, poursuit-elle, cadre dans l’album. Mais il s’est tellement passé des choses depuis ce temps, j’ai tellement composé et essayé des trucs en studio que je ne peux pas dire que Tu es flou est l’image de l’album. Ce n’est qu’une partie du puzzle. »

Des concerts partout

Même si le gros hit qui élèvera son nom au sommet des palmarès se fait attendre, Gabriella assure qu’elle est « vraiment épanouie ».

« C’est certain qu’on peut espérer mieux, un immense succès ou peu importe. Mais je viens de vivre probablement la plus belle année de ma vie. Je me rends compte que le chemin est aussi intéressant que la destination. »

L’expression prend tout son sens dans le cas de Gabriella puisque les demandes pour des concerts l’ont conduit un peu partout en Europe et en Amérique.

Et la chanteuse de raconter comment elle a été repérée sur YouTube et invitée à chanter lors d’un congrès réunissant 150 entrepreneurs influents, dont Elon Musk, adeptes de nouvelles technologies, dans Silicon Valley.

« Nous étions six artistes à travers le monde dans un hôtel de fou dans les montagnes. Un des six repartait avec 10 000 $ à la suite d’un vote. Et j’ai gagné », dit-elle fièrement, en ajoutant que les contacts établis sur place lui ont ensuite valu des contrats dans d’autres événements privés aux États-Unis et au Mexique.