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La grande nature humaine

Robert Lalonde
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Robert Lalonde

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Pour son nouveau roman, Un poignard dans un mouchoir de soie, l’écrivain et acteur de talent Robert Lalonde a quelque peu mis de côté son habitude de parler de la grande nature... pour se tourner davantage vers la nature humaine.

Il a imaginé une improbable, mais intéressante rencontre entre trois personnages. Romain, un professeur de philo à la retraite, se remet comme il peut du décès de sa conjointe. Irène est une actrice célèbre, mais, avec l’âge, elle a de plus en plus de mal à retenir son texte. Jérémie, un jeune itinérant à l’âme d’artiste, passablement poqué, trouve en eux des parents de substitution pour assumer sa propre histoire.

<b><i>Un poignard dans un mouchoir de soie</i></b><br />
Robert Lalonde<br />
Éditions du Boréal, 208 pages.
Photo courtoisie
Un poignard dans un mouchoir de soie
Robert Lalonde
Éditions du Boréal, 208 pages.

Récit sur la famille, sur les gens qui se cherchent ? « Ce sont des personnages que je connais, explique-t-il. Cette dame comme le personnage de mon livre, j’en ai connu des tas. Le vieux professeur de philosophie aussi. Des jeunes garçons comme Jérémie, aussi, parce que j’ai enseigné pendant des années. Il y a des inspirations très claires pour moi. Dans la vie, ils ne sont pas réunis de cette façon, mais moi, je les ai réunis comme ça. »

L’écrivain dit que ce livre est vraiment particulier dans son parcours et ne ressemble pas à ses romans précédents. « Il y a un peu de théâtre dans ce livre – on sent que mon expérience de théâtre est là. Ça devait faire une nouvelle, au départ, puis ça s’allongeait... et j’en ai fait un roman complet. »

La transmission

Il se dit très préoccupé, depuis plusieurs années, par la transmission. « On parle souvent de conflits générationnels, de gens qui vivent chacun dans leur bulle. J’avais envie de mettre ensemble des personnages qui ne sont pas destinés tant que ça à se rencontrer, mais qui eux, n’ont pas ces obstacles pour entrer en contact. Ni des obstacles liés à l’âge ou sur le plan des désirs. Ils sont assez en dehors de la morale coutumière, les trois. »

Il trouvait aussi que ça faisait du bien de mettre en scène des personnages âgés, « dont on parle toujours pas forcément d’une façon positive, dans le jeunisme dans lequel on est ». Il ajoute : « On en parle plus comme étant en décrépitude que d’encore capables de continuer à vivre. »

Il dit aussi qu’il a toujours envie d’aller au-delà des clichés, tant sur les personnes âgées que sur les jeunes itinérants, qui sont bien souvent « beaucoup plus riches intérieurement que ce qu’on peut supposer, à les voir encapuchonnés, à quêter au coin de la rue. Il y a quelques Mozart assassinés parmi ces jeunes-là ».

Sur les planches

Au cours des prochaines semaines, Robert Lalonde passera beaucoup de temps sur les planches. On peut le voir jusqu’au 14 octobre au théâtre La Rubrique de Jonquière dans L’État, de Normand Canac-Marquis, « une pièce au contenu humain et politique assez fort », dit-il.

À la fin de l’hiver, il jouera dans une version moderne de La Mouette de Tchekhov, mais ne fera pas de télévision.


► Robert Lalonde est écrivain et comédien.

► Il a écrit C’est le cœur qui manque en dernier, entre autres.

► Il présente des conférences et enseigne la création littéraire.