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Les donneurs de leçons

Stephen Harper
Photo Agence QMI, Marc DesRosiers Stephen Harper

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Hier, Stephen Harper a publié une lettre ouverte dans le Globe and Mail pour mettre en garde les élites du pays.

Si un tel vent de populisme souffle sur l’Occident, dit-il en substance, c’est parce que vous êtes déconnectés du peuple.

Vous regardez la population de haut, et répondez aux inquiétudes des gens avec mépris et condescendance.

Le « droit » chemin

L’ancien premier ministre a tellement raison !

Regardez l’éternel débat sur le port des signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité.

Beaucoup de gens sont d’accord avec François Legault ? L’idée qu’une enseignante puisse porter le voile, ou un policier un turban, les met mal à l’aise ?

C’est parce qu’ils sont ignares, racistes et peureux.

S’ils lisaient nos grands éditorialistes, ils prendraient la mesure de leur stupidité et reviendraient dans le droit chemin.

René Lévesque disait : « Méfiez-vous des gens qui disent aimer le peuple, mais qui détestent tout ce que le peuple aime. »

De même, on pourrait dire : « Méfiez-vous des gens qui disent aimer le peuple, mais qui ne cessent de traiter le peuple d’imbécile dès que celui-ci émet un commentaire... »

Comme l’a écrit mon confrère Stéphane Waffo sur le site internet du Journal, hier : « Pour Stephen Harper, cette ère de populisme est la conséquence de cette fâcheuse tendance des élites d’ignorer, et même parfois de ridiculiser, les conséquences néfastes de décisions politiques et économiques qui ont toutefois permis des avancées notables en Occident... »

Oui, la mondialisation a permis à certaines entreprises de faire des profits astronomiques et à des pays sous-développés d’échapper à la misère.

Mais elle a aussi fait des perdants.

Les cols bleus qui ont vu l’usine dans laquelle ils travaillaient déménager en Chine ou en Inde, par exemple.

Or, qui, aux États-Unis, a parlé à ces chômeurs, lors de la dernière campagne présidentielle ?

Hilary Clinton ?

Non : Trump.

Le mépris n’aura qu’un temps

Je l’ai souvent dit et je le répète : si le peuple a de plus en plus tendance à voter à droite, voire à s’en remettre à des populistes, c’est parce que la gauche l’a abandonné.

Les gens sont écœurés de se faire traiter d’idiots par des artistes, des intellectuels et des commentateurs professionnels qui les regardent de haut et ricanent entre eux dès qu’ils osent ouvrir la bouche.

Pour paraphraser le titre d’un documentaire d’Arthur Lamothe : le mépris n’aura qu’un temps.

Il y a deux ans, le magazine français L’Obs publiait une entrevue avec le politicien Bastien Faudot. La gauche doit se réapproprier le concept de « nation », disait-il.

« En dépit de ce que peut penser la gauche bien-pensante, la nation, ce n’est pas le repli, ce n’est pas l’archaïsme : c’est la condition pour parler de quelque part à quelqu’un.

La gauche ne peut pas esquiver les sujets de fond plus longtemps, sans quoi elle ira au-devant de lourdes désillusions. »

Pourquoi pensez-vous que le dossier des signes religieux revient sans cesse au Québec ? Parce que beaucoup de gens ressentent un profond malaise face au retour en force de la religion dans l’espace public.

Peut-on les écouter, au lieu de les ridiculiser ?