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Santé mentale: un plaidoyer pour agir sur les conditions de vie

Peter Belland
Photo 24 Heures, Sarah Daoust-Braun Peter Belland, secrétaire du CA du RRASMQ.

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MONTRÉAL – Un homme qui a souffert de dépression a parcouru près de 120 km pour rejoindre, lundi, plus d’une cinquantaine de personnes à Montréal afin de réclamer une amélioration des conditions de vie pour les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Peter Belland a reçu un diagnostic de dépression en 1996 et a fait connaissance en 2000 du Phare Source d’entraide, qui offre des ressources alternatives en santé mentale à Cowansville et Farnham.

«On m’a donné des antidépresseurs que je n’ai pas pris longtemps parce que je n’aimais pas les effets secondaires, et j’ai eu la chance de rencontrer cette ressource-là où j’ai découvert plein de trucs», a-t-il raconté alors qu’il participait à un rassemblement du Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ) à l’extérieur de la station Mont-Royal.

Cette ressource l’a aidé dans les dernières années à traverser la dépression «qui ne le quitte pas totalement» et l’a incité à s’impliquer dans le milieu de la santé mentale, notamment auprès du conseil d’administration du RRASMQ.

«Pour moi, être volontaire et faire du bénévolat, ça me sort de mon marasme et ça me change des idées», a souligné l’homme de 58 ans qui habite à Abercorn, près de la frontière américaine. Il œuvre entre autres à offrir les services qu’il reçoit à la communauté anglophone de la région de l’Estrie, qui n’y aurait pas accès.

Un cadre «biopsychosocial»

Peter Belland a soutenu que ce sont davantage des déterminants sociaux qui affectent sa santé mentale, alors qu’il a par exemple dû s’exiler pour trouver un logement plus abordable.

Le RRASMQ a interpellé dimanche le nouveau gouvernement à ce sujet afin de «réclamer une action en santé mentale axée sur les conditions des vies des personnes».

Le regroupement, qui a tenu la 6e édition de son rassemblement, souhaite que la santé mentale soit aussi considérée de façon «biopsychosociale», et non pas seulement de façon médicale.

«On questionne l’exclusivité de la médication, a expliqué Annie Pavois du RRASMQ. Quand on met de côté la globalité de la personne; ses droits, ses conditions de vie, son entourage et ses relations, à ce moment-là, on n’est pas d’accord avec cette vision de la santé mentale.»

L’organisme a collecté l’année dernière plus de 250 témoignages sur les causes de la détresse mentale, déterminant ainsi que les plus fréquentes sont «la pauvreté, la violence, le harcèlement, la solitude, la perte d’un être cher et un environnement de travail malsain».

Lors du rassemblement, Annie Pavois a enfilé un costume de «femme bleue» où étaient collées diverses maladies mentales, peu à peu remplacées par des revendications comme l'accès à un revenu et un logement décents.

«Cette femme représente n’importe quelle personne qui vit avec un problème de santé mentale et qui se retrouve avec toutes sortes d’étiquettes, qui vont l’empêcher d’avancer dans sa vie, a-t-elle affirmé. Quand on enlève les étiquettes et qu'on en met d’autres, on essaie de regarder dans le mouvement alternatif, comment on peut voir les choses et aller chercher de l’aide autrement.»

Le RRASMQ soulignera le 10 octobre la Journée de l'Alternative en santé mentale, dans le cadre de la Journée mondiale de la santé mentale de l'OMS.