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Canadien: Claude Julien a donné le ton

Claude Julien est la carte cachée du Canadien.
Photo PIerre-Paul Poulin Claude Julien est la carte cachée du Canadien.

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Je ne veux pas m’emballer après seulement deux matchs, mais j’ai aimé ce que j’ai vu du Canadien à Toronto et à Pittsburgh. Mon premier constat est qu’enfin, on voit une équipe qui ressemble à une équipe de Claude Julien et une grande partie du mérite revient à l’entraîneur-chef.

Nous avons tous été surpris, mercredi, lorsqu’on a appris que Tomas Plekanec et Karl Alzner étaient laissés de côté par Julien. On connaît la suite. Le Canadien a joué un fort match à Toronto malgré la défaite en prolongation et Julien est revenu avec le même alignement, samedi, dans la victoire à Pittsburgh.

Julien a lancé un message clair dès le départ et il a donné le ton avec ces deux décisions. Il a dit que le temps de glace irait au mérite et il a appuyé ses dires par des actions concrètes. Ce n’était pas évident de regarder dans les yeux des vétérans comme Plekanec et Alzner et de leur dire qu’ils ne jouaient pas.

Dans le cas d’Alzner, Julien a même mis fin à son incroyable séquence de 622 matchs d’affilée. Il n’avait pas raté un match depuis le 3 mars 2010. Quant à Plekanec, il est à deux matchs du cap des 1000 matchs dans la LNH.

Ça prenait vraiment du cran de la part de Julien et ses décisions ont eu l’effet désiré. On a vu le Canadien jouer avec hargne et intensité. Mine de rien, le Canadien a déjà commencé à se forger une identité, ce que nous n’avions pas vu depuis belle lurette. Enfin, ils sont fatigants pour l’adversaire.

Ça fait cinq ans que je reproche au Canadien d’être une équipe facile à affronter. Même dans ses bonnes séquences, le Canadien n’allait pas vraiment à la guerre et souvent, c’était Carey Price qui faisait la différence. Comme je vous le disais la semaine dernière, j’aurais aimé voir cette nouvelle attitude au camp d’entraînement, mais on l’a vu dès le premier match régulier et c’est ce qui importe.

Enfin, l’effet Julien

Pour revenir à Julien, ce n’était pas l’idéal lorsqu’il est arrivé en poste le 14 février 2017. Je m’attendais cependant à voir l’effet Julien l’an dernier, mais pour toutes sortes de raisons, ce n’est pas arrivé. Tout est allé de travers.

Price n’était pas dans son assiette, Max Pacioretty n’était pas heureux et Alex Galchenyuk était toujours aussi mystérieux. Ce ne sont pas des athlètes faciles à diriger et ils n’ont pas acheté le système de Julien. Pacioretty avait même dit en début de saison qu’il avait de la difficulté à s’ajuster au nouveau système.

On sentait que c’était lourd dans le vestiaire du Canadien. Les joueurs n’avaient pas de plaisir et Julien était limité dans ses options. Il jonglait dans ses combinaisons de trio avec Galchenyuk, Pacioretty et Jonathan Drouin, mais ça ne cliquait pas.

Aujourd’hui, l’entraîneur a plusieurs options puisque les quatre trios roulent à plein régime. Les joueurs croient en leurs chances d’obtenir plus de temps de glace et de jouer sur le jeu de puissance. Ils sont affamés, intenses et ils ont du plaisir à jouer. C’est une bonne dynamique et Julien peut passer son message.

Julien peut enfin diriger l’équipe à sa guise et aller au mérite plus qu’au nom ou au salaire. Ce n’était jamais facile de jouer contre les Bruins de Boston ou les Devils du New Jersey de Julien et ce n’est pas pour rien qu’il est payé cinq millions par saison. À date, j’aime bien le Canadien de Julien. Il est la carte cachée du Tricolore.

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Price solide
Carey Price a été solide devant son filet jusqu’ici et la bonne nouvelle est qu’il n’a pas eu à faire la différence. Si le Canadien poursuit ainsi, il n’aura pas à voler beaucoup de matchs et il aura moins de pression sur les épaules. J’ai aussi vu une bien meilleure coordination entre Price et ses défenseurs et ça, c’est bon signe. L’an dernier, il y avait souvent confusion. Lorsque Price défiait les tireurs adverses, les défenseurs ne couvraient pas toujours le joueur d’option adéquatement. Price semble aussi un peu moins large dans sa position de base, ce qui le rend plus mobile. De plus, j’ai aimé sa combativité sur quelques jeux difficiles.
 
Le reset de Bergevin
On peut enfin entrevoir le plan de Marc Bergevin. Il voulait un reset, ou une réinitialisation, et c’est ce que l’on voit. La nouvelle attitude est là et les jeunes jouent avec fougue. Un peu comme les Golden Knights de Vegas l’an dernier, tout le monde a des choses à prouver, incluant l’entraîneur. Ça crée un climat positif.
 
Drouin et Tatar
On a vu beaucoup de choses positives à date et sans parler de déceptions, ce fut plus difficile pour Jonathan Drouin et Tomas Tatar. Tatar devra démontrer plus de constance. J’espère qu’il a eu sa leçon à Vegas l’an dernier, mais j’ai l’impression que Claude Julien, tout comme Gerard Gallant, ne sera pas très patient à son endroit. Il doit sauter dans le train. Quant à Drouin, il peut faire mieux, mais la bonne nouvelle, c’est que si l’équipe va bien, il aura beaucoup moins de pression pour se remettre en selle.
 
Les Penguins, Murray et Letang
Sans enlever de mérite au Canadien, les Penguins n’ont pas été très impressionnants à date. Ils ont gagné un match de fou au compte de 7 à 6 face aux Capitals avant de perdre 5 à 1 contre le CH. Le gardien Matt Murray n’a pas bien paru, mais il n’a pas reçu beaucoup de support défensif. L’an dernier, il avait connu une saison difficile suivant le départ de Marc-André Fleury et il a aussi vécu une épreuve avec le décès de son père. Les Penguins ont besoin de lui. Malgré tout, je me demande si on n’assiste pas au déclin des Penguins. En passant, mes félicitations à Kristopher Letang, qui a rejoint Paul Coffey avec 440 points en carrière à Pittsburgh. Quand ton nom se colle à celui de Coffey, c’est un grand accomplissement.