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Les jeunes contre les vieux

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Connaissez-vous la magnifique chanson Father and Son de Cat Stevens ?

Comme le titre l’indique, c’est un dialogue entre un père et son fils.

SI JEUNESSE SAVAIT...

Le fils, qui s’exprime avec fougue et agressivité, veut tout envoyer promener. « From the moment I could talk I was ordered to listen/ Now there’s a way and I know that I have to go away... » Alors que le père, qui parle d’une voix douce et rassurante, lui dit de respirer par le nez et de réfléchir avant de tout casser. « It’s not time to make a change, just relax, take it easy / You’re still young, that’s your fault, there’s so much you have to know... »

Bref, le révolutionnaire et le conservateur.

« Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait... »

Les jeunes en ont ras le bol de l’immobilisme et veulent faire table rase des anciennes valeurs, des vieilles façons de faire.

Alors que les vieux ont peur que les jeunes, dans leur empressement de tout changer, jettent le bébé avec l’eau du bain. Ils tentent donc de protéger les traditions...

Le yin et le yang.

UN CERTAIN ÉQUILIBRE

Eh bien, c’est ça, une société.

La confrontation de ces deux forces, de ces deux mouvements qui s’opposent.

Ceux qui veulent tout changer contre ceux qui ne veulent rien changer.

L’audace contre la peur. La précipitation contre la prudence. La naïveté contre le cynisme.

Ça crée un certain équilibre.

Trop de jeunesse, tout fout le camp. Trop de vieillesse, rien ne bouge.

Ça prend une bonne combinaison des deux. Ceux qui veulent que le futur advienne plus vite que prévu versus ceux qui veulent que le passé ne disparaisse pas.

C’est normal que les jeunes soient attirés par Québec solidaire. Ils veulent faire les choses différemment, casser le moule, faire table rase du passé, rêver, ruer dans les brancards, donner un coup de pied dans la ruche.

Et c’est normal que les plus vieux soient attirés par des partis plus conservateurs. Ils ont vu pleuvoir et savent que les rêves des jeunes se transforment souvent en cauchemar.

« Si tu as 20 ans et que tu es à droite, tu n’as pas de cœur. Si tu as 50 ans et que tu es à gauche, tu n’as pas de tête. » Imaginez une société juste composée de jeunes.

Ou une société juste composée de vieux.

Une ou l’autre, ça serait l’enfer.

Ça serait l’anarchie. Ou alors la sclérose.

LA ROUE TOURNE

Les vieux regardent les jeunes et les trouvent naïfs, irréfléchis, irraisonnés.

« Pensez-vous sérieusement que Québec solidaire va pouvoir faire tout ça sans hausser les impôts ? Arrêtez de vivre dans les nuages et redescendez sur Terre ! »

Les jeunes regardent les vieux et les trouvent dépassés, lâches, peureux.

« Vous manquez d’imagination, pensez hors de la boîte et cessez de vous accrocher à vos vieilles habitudes... »

Dans les années 1970, les séparatistes passaient pour une méchante bande de révolutionnaires. Ils passent aujourd’hui pour une vieille gang de réactionnaires qui s’accrochent au passé.

C’est la vie. La roue tourne.

Et vous savez quoi ? Les jeunes énervés d’aujourd’hui vont devenir des bourgeois rangés.

Ils vont transformer leurs tuques en pantoufles.