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Pot: zones réservées aux fumeurs

Pot: zones réservées aux fumeurs
Photo d'archives, Agence QMI

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Entre les règlements prohibitifs sur la consommation du cannabis et le respect des autres, il doit bien y avoir un terrain d’entente?

Dans quelques jours, le pot sera légal. Partout au Québec, les villes règlementent son usage. Certaines municipalités sont tellement prohibitives, comme Saguenay et Mascouche, qu’elles vont jusqu’à interdire «d’être sous l’influence du cannabis dans les lieux publics.»

Sherbrooke, quant à elle, interdit d’être intoxiqué dans une place publique municipale.

En somme, c’est comme si on interdisait à quelqu’un qui vient de boire une bière de sortir de chez lui!

Non, mais sérieux. En quoi quelqu’un qui vient de griller un petit pétard peut-il être un obstacle au vivre-ensemble? Parce que c’est ça le but des règlements municipaux; faire en sorte que les citoyens cohabitent dans la plus grande harmonie possible, dans le respect des uns et des autres.

Voulons-nous vraiment que nos policiers servent à ça : arrêter des consommateurs de pot qui ont fumé un produit légal?

Respirer la fumée des autres

À l’autre bout du spectre, certains déchirent leur chemise à l’idée que les villes règlementent un produit désormais légal. Si le gros bon sens était inhalé à chaque «puff de joint», peut-être que les élus n’auraient pas besoin d’encadrer autant la consommation de cannabis.

Perso, je n’ai rien contre la légalisation du pot. Les fumeurs de cannabis ne sont pas des criminels à mes yeux. Je suis plutôt contre l’enrichissement des groupes criminalisés, pour la fin de l’hypocrisie – le cannabis est déjà très répandu – et, surtout, pour une meilleure qualité des produits et une éducation à la consommation adéquate. 

Cependant, je n’ai franchement pas envie de respirer la fumée des autres alors que je marche sur le trottoir ou de voir mes enfants être embêtés par un nuage de cannabis. C’est de ça dont il est question.

Quitter un parc

Dimanche après-midi, au parc Saint-Roch, à Québec, je prends l’air avec trois amies pendant que nos quatre gamins de moins de 7 ans brûlent de l’énergie en courant partout. Tout juste à côté de nous, un groupe de cinq ou six amis dans la quarantaine brûlent, eux, deux gros pétards. Officiellement, le cannabis n’est pas encore légal et déjà certains fumeurs se balancent de ceux et celles qui vivent autour d’eux.

C’est à cause de ce type de manque de jugement que les villes ont le devoir de légiférer.

Nous sommes rentrées. Je sais très bien que ça ne vaut pas le coût d’argumenter avec des gens qui ont le cerveau aussi dilaté que leurs pupilles. Mais j’avais juste envie de leur dire : «Hey, vous ne voyez pas qu’il y a des enfants à côté de vous qui respirent votre boucane? Allez donc fumer ailleurs, là où vous ne dérangerez personne!»

Où ne pas déranger?

Mais où sont-ils ces endroits où les fumeurs de cannabis ne dérangeront personne?

Dans le fin fond des bois?

S’il est interdit de fumer dans les lieux publics, reste la maison. Va pour les propriétaires, mais les locataires eux? Personne dans les immeubles à logements ne veut avoir un voisin dont l’odeur de mouffette de ses joints vient empester son logis.

Ce qui m’amène à poser la question suivante : ne serait-il pas temps d’envisager l’aménagement d’espaces réservés aux fumeurs de cannabis? Un ou deux parcs par ville où les amateurs de pot pourraient se réunir et boucaner sans s’imposer aux non-fumeurs?

Que penser de la proposition du Parti Québécois en campagne électorale de permettre des «coffee shops» comme à Amsterdam. Les consommateurs de pot pourraient fumer sans déranger les autres ni se faire harceler par la police.

Si on ne trouve pas une façon d’accommoder les fumeurs de cannabis tout en protégeant l’air que respirent les non-fumeurs, tout ce débat sur la légalisation du pot n’aura été qu’un gros show de boucane!