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Harcèlement sexuel dans les transports collectifs: «il faut en faire une priorité»

L’harcèlement dans les transports en commun est un fléau, estime l’opposition à l’hôtel de ville de Montréal.
Photo Agence QMI, SARAH DAOUST-BRAUN L’harcèlement dans les transports en commun est un fléau, estime l’opposition à l’hôtel de ville de Montréal.

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MONTRÉAL | Le harcèlement sexuel dans les transports en commun devrait être la priorité de la Société de transport de Montréal (STM) et de la Ville, soutient le Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal (CÉAF), qui veut mettre fin à ce fléau, tout comme les élus de l’opposition.

La porte-parole du comité harcèlement de rue du CÉAF Isabelle Lapointe estime que c’est la responsabilité de la société de transport, de la métropole et de la société collective d’assurer la sécurité des femmes dans les transports en commun.

«Il faut en faire une priorité, il y a un manque d’ouverture de responsabilisation de la STM, c’est important qu’ils reconnaissent leur responsabilité», a-t-elle indiqué jeudi.

L’organisme, tout comme le parti Ensemble Montréal, dénonce le manque de données colligées sur le harcèlement dans les transports collectifs, ce qui pour l’instant ne permettrait pas de bien documenter le problème et d’ensuite agir.

«Souvent, les femmes victimes de harcèlement ne rapportent pas l’incident parce qu’elles sont convaincues que ça ne va pas donner grand-chose», a expliqué la conseillère de ville pour l’opposition Karine Boivin Roy.

Elle a ajouté que la plupart des femmes qui déposeront des plaintes à la STM vont abandonner leurs démarches parce que l’organisation va souvent invoquer l’impossibilité de retrouver le harceleur, citant un questionnaire sur le harcèlement de rue à Montréal mené par le CÉAF auprès de femmes de novembre 2016 à mars 2017.

Les répondantes devaient entre autres déterminer où elles sentaient que leur droit «de circuler librement dans des lieux publics sans être harcelées» n’était pas respecté. Sur 218 réponses, 147 ont trouvé qu’elles n’étaient pas respectées dans le métro, 109 aux arrêts d’autobus, 90 dans l’autobus, 191 sur la rue et 15 dans le transport adapté.

Exo a recensé 22 incidents de harcèlement dans son réseau de transport dans les deux dernières années. La STM a de son côté référé le «24 Heures» au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), et le corps policier n’avait pas été en mesure de répondre à cette question, jeudi en fin de journée.

En 2015, le «24 Heures» rapportait que 65 plaintes liées à des attouchements sexuels et de l’exhibitionnisme dans le métro avaient été recensées par le SPVM. Selon «La Gazette des femmes», 30 dossiers de crimes sexuels dans les transports collectifs avaient été ouverts par le SPVM en 2013, 101 en 2016 et 90 en 2017.

Des mesures

L’opposition déposera au prochain conseil municipal une motion avec plusieurs mesures pour contrer le harcèlement dans les transports, incluant le harcèlement sexuel.

L’opposition demande entre autres à la STM de mettre en place une application mobile, comme à Toronto. L’application SafeTTC permet aux usagers de dénoncer des incidents de harcèlement, en envoyant des textes, des photos, des vidéos et en précisant le lieu.

Ensemble Montréal souhaite aussi que la campagne de sensibilisation du CÉAF, sur laquelle l’organisme travaille depuis cet automne, soit lancée dans le réseau de la STM.

La STM a soutenu jeudi qu’elle allait prendre le temps d’évaluer les mesures avant de se prononcer. La société de transport prend au sérieux la question du harcèlement, dont le harcèlement sexuel, et collabore de près avec le SPVM, a assuré la conseillère corporative aux affaires publiques de la STM Amélie Régis.

Cette dernière a ajouté que la STM avait collaboré avec le SPVM en 2016 à une campagne de sensibilisation dans le réseau, et qu’un usager victime de harcèlement peut avertir un employé, qui fera ensuite le lien avec les autorités.

L’administration de Valérie Plante réagira de son côté à la motion et cette problématique plus en détails lors du conseil municipal.