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Le Québec plus «riche» qu’on le pense!

Carlos Leitao, ex-ministre des Finances
Photo Jean-François Desgagnés Carlos Leitao, ex-ministre des Finances

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Dans son récent rapport sur la viabilité financière gouvernementale de 2018, le bureau du Directeur parlementaire du budget (fédéral) affirme que le Québec est la seule province canadienne qui dispose d’une marge de manœuvre financière viable à long terme.

« Selon nos estimations, l’administration infranationale du Québec dispose d’une marge de manœuvre financière correspondant à 1,6 % du PIB de la province et permettant d’augmenter les dépenses ou de réduire les taxes et impôts tout en maintenant la viabilité. »

Question : comment le gouvernement Couillard a-t-il réussi à métamorphoser en cinq ans l’état des finances publiques du Québec qui s’enligne pour une cinquième année de suite avec un surplus budgétaire ?

On parle ici d’imposants surplus budgétaires qui n’ont pas cessé d’augmenter au cours des dernières années. À preuve :

  • Année 2014-15 : 136 M$
  • Année 2015-16 : 3,64 G$
  • Année 2016-17 : 4,36 G$
  • Année 2017-18 : 4,66 G$

Et ça continue. Malgré la forte augmentation des dépenses gouvernementales de 5,1 milliards de dollars en cette année électorale, le gouvernement Couillard a continué d’engranger un costaud surplus budgétaire lors des quatre premiers mois de l’actuel exercice financier 2018-19.

D’avril à juillet 2018, le surplus atteignait déjà les 2,38 milliards de dollars, soit le double du surplus enregistré lors de la période correspondante de 2017, rapporte le ministère des Finances dans son rapport mensuel des opérations financières au 31 juillet 2018 qu’il vient de déposer.

Ce substantiel surplus de 2,38 milliards $ (avant versement au Fonds des générations) s’explique notamment par l’écart entre une hausse des revenus de 9,3 % à comparer à une augmentation des dépenses gouvernementales de 5,2 %.

EXPLOSION DES RECETTES

Les recettes gouvernementales consolidées des quatre premiers mois du présent exercice financier 2018-19 sont 29,2 % plus élevées que les recettes de la période correspondante d’il y a cinq ans, soit en 2013-14 sous l’ancien gouvernement de Pauline Marois.

Si l’on s’en tient au Fonds général, lequel est destiné aux multiples portefeuilles (ministères), voici les augmentations de revenus que le gouvernement Couillard a réussi en cinq ans à aller chercher dans les poches des particuliers et des sociétés lors de cette période des quatre premiers mois de l’année financière :

  • Impôt sur le revenu des particuliers : 20,9 %
  • Cotisations pour les services de santé : 13,6 %
  • Impôts des sociétés : 122,2 %
  • Taxes à la consommation : 25,4 %
  • Transferts fédéraux : 28,0 %

On remarquera que les recettes fiscales tirées des sociétés ont plus que doublé. C’est signe qu’elles ont vu leurs profits augmenter substantiellement !

À noter que durant la même période de cinq ans, l’inflation au Québec a été limitée à 5,7 %.

MODÉRATION DES DÉPENSES

En dépit de la forte augmentation des dépenses lors des deux derniers budgets de Carlos Leitao, la progression des dépenses gouvernementales du Fonds général en cinq ans est nettement inférieure à celles des recettes fiscales.

Alors que les recettes grimpaient de 29,2 %, les dépenses plafonnaient à 12 %.

C’est ce qui explique pourquoi le gouvernement Couillard a réussi le « tour de force » d’engranger d’énormes surplus budgétaires tout au long de son règne.

Voyons maintenant les augmentations de dépenses par missions enregistrées sur cinq ans lors des quatre premiers mois de chacun des exercices financiers :

  • Santé et services sociaux : 21,8 %
  • Éducation et culture : 9,2 %
  • Impôts des sociétés : 122,2 %
  • Économie et environnement : 15,0 %
  • Soutien aux personnes et aux familles : 3,1 %
  • Gouverne et justice : 13,9 %

Pendant cette même période de cinq ans, le service de la dette (les frais d’intérêt) allait baisser de 16,4 % en raison de la faiblesse des taux d’intérêt.