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L’homme qui a acheté St-Hubert affiche son côté évangéliste

Prem Watsa cite la Bible dans un discours prononcé devant des gens d’affaires

Prem Watsa
Photo PIerre-Paul Poulin Prem Watsa, PDG de Fairfax

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Prem Watsa, le fondateur du conglomérat ontarien qui a mis la main sur le Groupe St-Hubert il y a deux ans, a profité de sa visite à Montréal jeudi pour montrer sa ferveur religieuse.

Le titre de l’allocution qu’il a prononcée à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain puisait d’ailleurs dans le vocabulaire religieux : « L’appel des affaires ».

Surnommé le « Warren Buffet » du Canada, M. Watsa a fondé en 1985 Fairfax Financial, une entreprise devenue géante qui l’a rendu milliardaire. Recipe Unlimited, une des firmes contrôlées par Fairfax, a acheté St-Hubert en 2016 pour 537 millions $.

Fait extrêmement rare dans un discours d’affaires, du moins au Québec, Prem Watsa s’est servi d’un passage de la Bible afin d’illustrer l’importance pour un entrepreneur d’être intègre. « Que profiterait-il à un homme de gagner tout le monde s’il perd son âme ? » a-t-il dit, citant l’Évangile selon saint Marc. « Le Bon Dieu possède toutes choses et nous ne sommes que des intendants de ce qu’Il nous confie », a ensuite soutenu l’homme de 68 ans.

Né en Inde, M. Watsa a été élevé dans une famille de confession anglicane. Il a immigré au Canada en 1972 avec huit dollars en poche.

Un morceau de patrimoine

Abordant l’acquisition de St-Hubert, l’homme d’affaires a reconnu que la chaîne de restaurants faisait partie du « patrimoine » québécois. « Il n’y a pas eu de changement, c’est toujours dirigé à partir du Québec », a-t-il lancé.

Présent dans la salle, l’ancien propriétaire Jean-Pierre Léger a confirmé : « Il n’y a personne au siège social de St-Hubert qui a perdu son poste », a-t-il assuré.

M. Léger a confié avoir rencontré Prem Watsa à plusieurs reprises dans les deux années précédant la transaction.

« Il m’a fait une offre très intéressante, mais je lui ai dit : “Prem, je vais tout faire pour essayer de trouver un acheteur au Québec. Si j’échoue, tu as le Groupe St-Hubert.” J’ai échoué, donc je l’ai rappelé. Il a respecté sa parole », a raconté Jean-Pierre Léger.

Un géant méconnu

Fairfax compte 14 000 salariés et génère des revenus de 3,3 milliards $ au Québec par le biais d’entreprises qu’il contrôle, dont Produits forestiers Résolu, l’assureur Northbridge, Golf Town et Toys R Us Canada. Sa chaîne Sporting Life ouvrira bientôt une boutique à Brossard.

M. Watsa a souligné qu’en 2010, au moment d’investir dans Résolu, il a refusé de sabrer les prestations des retraités.

« Tous nos conseillers, y compris ceux du gouvernement, nous suggéraient de réduire les versements aux retraités avant que l’entreprise ne sorte du processus de faillite, a-t-il relaté. Nous pensions que ce n’était pas ce qu’il fallait faire. Il y a des retraités qui ont travaillé là pendant 30 ans ! »