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Poursuite de 1,4 M$ contre l’hôpital et la Sûreté du Québec

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Une famille qui estime que l’Hôpital de Sept-Îles et la SQ sont responsables « par leurs fautes et leur négligence » de la mort d’un homme de 36 ans, décrit comme « un pilier de la famille », intente une poursuite de 1,4 M$ en dommages.

« On poursuit pour avoir la vérité, on veut des réponses. Il n’y a aucune somme d’argent qui va nous ramener mon frère », mentionne au bout du fil Gaétane Collard, la sœur du défunt, Martin Collard, jointe à sa résidence.

En crise à l’extérieur

M. Collard, un travailleur et père d’une adolescente de 14 ans qui vivait une dure séparation, est mort d’une encéphalopathie anoxique des suites d’un arrêt cardio-respiratoire, trois jours après s’être présenté en pleine nuit, le 5 octobre 2015, à l’Hôpital de Sept-Îles, en crise, après avoir consommé de la cocaïne.

Dans sa requête introductive d’instance déposée au palais de justice de Québec, la famille soutient que les préposés de l’hôpital et les policiers ont commis plusieurs fautes qui ont mené à son décès.

Ils reprochent dans un premier temps au personnel de l’hôpital de ne pas avoir porté secours à l’homme, alors qu’il était en crise et venait de se buter à une porte barrée à l’extérieur du bâtiment.

À ce moment, ce sont les policiers qui se sont présentés sur place, à la demande du personnel du centre hospitalier. Selon la famille, les agents « sont intervenus de façon excessive en utilisant la manœuvre de prise d’encolure » pour maîtriser l’homme « en état de panique [qui] avait de la difficulté à respirer », puis pour l’entraîner au sol et le menotter.

Les policiers auraient alors réalisé que l’homme était inconscient et ne respirait plus. Des manœuvres de réanimation ont alors été amorcées.

Refus de sortir aider

Selon le document de cour, le personnel de l’urgence a alors refusé de sortir pour venir en aide au trentenaire, « croyant qu’il est interdit d’intervenir à l’extérieur des murs de l’établissement pour des raisons d’assurances ».

Une décision « injustifiée » qui constitue une faute, selon la famille, représentée par le cabinet Tremblay Bois Mignault Lemay Avocats.

L’homme a finalement été transporté en civière à l’urgence après l’intervention de la coordonnatrice de l’hôpital, relate-t-on. Il n’a jamais repris connaissance et est décédé le 8 octobre 2015, après avoir été maintenu en vie artificiellement.

« [...] n’eût été les fautes commises par les défenderesses, l’arrêt cardio-respiratoire ainsi que le décès de M. Collard auraient été évités et les demandeurs n’auraient subi aucun préjudice », est-il écrit.

Les sommes réclamées sont pour compenser les préjudices subis par la fille de M. Collard, les parents ainsi que les trois frères et la sœur du défunt.

Puisque le dossier est devant les tribunaux, le CISSS de la Côte-Nord et la SQ n’ont pas voulu commenter.