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Si Legault veut remettre de l’argent aux Québécois

Si Legault veut remettre de l’argent aux Québécois
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Élire la CAQ au nom du « changement » vous dites?

Oui, on s’est libéré des libéraux, en les remplaçant par la Coalition avenir Québec qui, à plusieurs égards, est un parti politique encore plus dogmatique, idéologique et conservateur dans le sens de moins d’État et plus de privé. Pour ce faire, ils sortent la vieille rengaine de faire plus avec moins afin de justifier leurs coupes dans les services publics et de privatiser nos instruments collectifs et nos programmes sociaux au nom de l’efficacité, de l’efficience et de la supériorité postulée du privé. Les partenariats public-privé (PPP) sont un exemple que la supériorité du privé n’est que du vent. Espérons que monsieur Legault va mettre fin rapidement à cette arnaque afin d’enrichir les Québécois.

Il faut arrêter de colporter que les Québécois ont remplacé les libéraux par la caquiste pour avoir du changement. Allô changement! Donnez-leur un an au pouvoir et plusieurs vont amèrement regretter leur choix. Si les Québécois avaient voulu du vrai changement, ils auraient voté massivement pour Québec solidaire ou encore le Parti québécois.

Ça commence bien avec la CAQ

Venant de nulle part, et sans que personne ne le demande, immédiatement le lendemain de l’élection du premier octobre 2018, la CAQ envoie au front deux de ses futurs matamores, Geneviève Guilbault, celle qui veut privilégier les garderies commerciales privées subventionnées, et Simon Jolin-Barrette, le moraliste en herbe qui veut que les Québécois augmentent leur salaire, pas en décrétant des hausses de rémunération, mais plutôt en travaillant plus d’heures. Ça augure vraiment bien.

Alors nos deux caquistes sortent les menaces : « Signes religieux. Pas de pardon pour les croyants qui s’affichent. Les employés de l’État qui ne se plieront pas aux règles édictées par le gouvernement devront renoncer à leur poste, prévient la CAQ ». Mais quelle mouche les a piqués? Il me semble que comme premier geste on se serait attendu à quelque chose de plus significatif après tout ce qu’ils ont dit de ce qu’ils allaient faire une fois élus! C’est un peu la montagne qui accouche d’une souris. Je le sais bien que la CAQ, comme Donald Trump aux États-Unis et les partis populistes en Europe, veut continuer à surfer sur l’immigration comme de vrais populistes qu’ils sont.

Changement, dans l’ordre

Moi ça me fait peur de voir François Legault venir nous dire le lendemain de son ascension au pouvoir que : « Legault promet du changement “dans l’ordre” » (Le Devoir, 3 octobre 2018). Dans l’ordre qu’il dit! Ça sonne un peu comme on va changer ben des choses, mais dans l’ordre. Dans l’ordre comme il va falloir obéir et se soumettre docilement aux ordres sans rouspéter afin de ne pas troubler la « paix ». Gare aux insoumis et aux récalcitrants.

Et que veut dire cet appel de Legault qui demande à la fonction publique de se mettre en marche? En marche dans quel sens? Peut-être dans celui du moins de commis d’État, donc moins de services publics et moins d’État et plus de privatisations? Se mettre en marche dans « l’ordre », je suppose?

Des promesses déjà reportées

Ça augure vraiment bien les amis : « Legault éloigne le déploiement de grands pans du programme de la CAQ ». Alors pour ceux qui ont voté pour la CAQ, ça veut dire que plusieurs promesses, qu’ils savaient irréalisables, sont déjà reportées aux calendes grecques, comme peut-être le montant supplémentaire de 1200 $ par an par enfant; les maisons dorées des aînés; baisser le salaire des médecins; réduire l’attente à l’urgence de l’hôpital à 90 minutes; la prématernelle gratuite et universelle à 4 ans, la modification du mode de scrutin et un médecin de famille pour tous les Québécois. Ces promesses, qui pour plusieurs n’étaient que des attrape-nigauds, vont être appliquées par la CAQ à long terme et peut-être jamais, dans quel cas on va vous déballer des inepties comme prétextes et excuses.

Je me mets au bénévolat

Comme je suis un être fondamentalement bon qui veut toujours venir en aide à sa sœur et à son frère, je vais, au cours des prochains mois, donner gratuitement — oui, oui, gratos — des conseils professionnels aux dirigeants de la CAQ afin que se concrétise pour de vrai une importante promesse de François Legault (qui comme moi est comptable agréé de formation) qui est de : « Remettre de l’argent dans le portefeuille des Québécois » (Le Devoir, 3 octobre 2018). Si les gens et les politiciens ne sont pas d’accord avec mes recommandations et qu’ils ne partagent pas mes notions d’Égalité, de bien commun et de responsabilité sociale, il faudra alors qu’ils s’opposent en m’accusant d’être communiste ou marxiste pour facilement et niaiseusement clore le débat. Je le répète, je me qualifie comme une personne de centre droit malgré ce que certains en pensent.

Médecins et médicaments

Comme monsieur Legault, je respecte les médecins, mais moi aussi je trouve qu’ils gagnent beaucoup trop. Il n’y a aucune raison valable qui peut justifier cet état de fait qui coûte des milliards de dollars en trop chaque année aux Québécois. On n’a qu’à observer le salaire des docteurs en Europe. On va être apte à bien saisir son niveau de courage quand il va se colleter avec les riches et puissants dans la société qui compte des milliers de lobbyistes dont plusieurs ex-politiciens. Il est à souhaiter qu’il ne se comportera pas comme ses prédécesseurs en jouant les gros bras principalement sur le dos de nos programmes sociaux et avec les syndicats des travailleurs ordinaires et avec les plus poqués et les plus démunis de la société. Il va falloir s’attaquer de front aux inégalités économiques et sociales. Les nantis sont peu nombreux, mais ils détiennent le gros de la richesse collective.

Déjà je suis pleinement d’accord sur deux choses que monsieur Legault a dit dans le passé, soit en 2011 et en 2003 : « La cause des maux en santé. François Legault prône toujours une approche plus musclée avec les médecins » et « Legault veut faire baisser le prix des médicaments génériques » (La Presse, 23 février 2011 et 26 février 2003). Depuis 2003, le prix des médicaments a explosé sans que nos élus n’osent attaquer de front les immenses compagnies pharmaceutiques comme aussi ramener à la raison les pétrolières, les banques, les firmes de génie à la tête de coûteux PPP, Air Canada, les éoliennes privées, etc. Oui, monsieur Legault, ça va prendre du courage pour ralentir l’ardeur de ces « entrepreneurs » à fouiller sans gêne dans les poches des Québécois. J’espère qu’il va primer l’intérêt supérieur de la collectivité et qu’il va résister au chantage des puissants qui ont trop souvent dicté l’agenda politique dans le passé.