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Un enseignant dit être victime de profilage racial

Il aurait été menotté devant l’un de ses élèves après avoir contesté un contrôle

François Ducas est fatigué de se faire demander par les policiers de Repentigny si le véhicule de luxe qu’il conduit est bien le sien.
Photo Camille Garnier François Ducas est fatigué de se faire demander par les policiers de Repentigny si le véhicule de luxe qu’il conduit est bien le sien.

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Un enseignant de Repentigny qui dit être victime de profilage racial a déposé une plainte contre la police après avoir été arrêté quatre fois en plus d’avoir été menotté sous les yeux d’un élève.

« Je ne suis pas membre de gang, je ne fume pas, je ne bois pas. Pourtant, quand je quitte chez moi, je dois me méfier [de la police] », s’indigne François Ducas, âgé de 50 ans et enseignant à l’école l’Horizon de Repentigny.

À plusieurs reprises en 2016 et 2017, l’homme d’origine haïtienne dit avoir vécu le même scénario. Alors qu’il roule en pleine journée dans Repentigny, une voiture de police l’arrête sans motif apparent en lui demandant, entre autres, si le véhicule de luxe qu’il conduit lui appartient, puis on le laisse aller sans lui remettre de contravention.

En décembre 2017, et alors qu’il se faisait arrêter pour la quatrième fois de la sorte en moins de deux ans selon ses dires, M. Ducas aurait protesté auprès des agents de police et contacté le 911.

Il aurait alors été arrêté et menotté sous les yeux de l’élève qu’il venait visiter.

« C’est un sentiment d’humiliation. Être menotté comme ça en pleine rue, sous les yeux des gens... »

Plainte

M. Ducas aurait finalement été relâché. Il a néanmoins écopé de deux amendes, que Le Journal a pu consulter, pour entrave à l’action d’un agent de la paix et injures ou blasphème contre un policier.

Après cet événement, M. Ducas a porté plainte en déontologie contre les trois agents impliqués.

Contacté par Le Journal, le directeur adjoint du service de police de la Ville de Repentigny, Daniel Archibald, a indiqué que cette plainte avait donné lieu à une séance de conciliation entre les agents en question et M. Ducas, à l’issue de laquelle il aurait retiré sa plainte.

« J’ai signé parce qu’on m’a dit que la loi était de leur côté et que je ne pourrais pas avoir raison », nuance l’homme.

Une plainte de M. Ducas auprès de la Commission des droits de la personne pour les mêmes faits serait encore en cours d’examen. Le Journal n’a pas été en mesure de joindre hier la Commission.

Enquête

M. Ducas, qui a d’abord relaté son histoire au site de la communauté haïtienne intexto.ca, estime que le profilage racial est fréquent à Repentigny.

Le directeur adjoint du service de police précise qu’un plan d’action sera dévoilé prochainement, lequel prévoit entre autres la nomination d’un agent pour faire le lien entre les communautés culturelles et la police.

Il indique également qu’une enquête interne a été ouverte récemment après qu’a circulé sur internet le témoignage vidéo d’un jeune homme d’origine haïtienne qui se dit également victime de harcèlement de la part d’agents de la police de Repentigny.