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Voile pas voile, nous avons toutes notre place

Voile pas voile, nous avons toutes notre place
Illustration de Marjorie Champagne

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Je suis en train de faire ma teinture pour les cheveux: numéro 91, blond clair cendré. À la pharmacie, ça coûte moins cher qu’au salon: 4,99$ en spécial! Chez la coiffeuse, c’est genre 100$ de plus...

Mais bon, ça c’est moi, à chacune ses choix! Certaines investissent dans le cheveu, pis c’est bien correct aussi.

Il y a de cela un an, vous en avez peut-être entendu un peu parler, j’avais décidé d’arrêter de me maquiller. Et bien, vous savez quoi? J’ai recommencé!

C’est peut-être plate, mais au bout d’un an, je ne m’étais jamais sentie aussi moche! Certains diront que je ne suis peut-être pas assez forte pour résister aux diktats de la beauté, mais je m’en fous. Je fais ce que veux, point barre. C’est aussi ça être forte et libre.

Faut aussi dire que grâce à ce statement de «pu de maquillage», j’ai eu la chance de partager mon point de vue sur la chose avec plusieurs femmes. Certaines m’ont confié que se maquiller leur donnait confiance et que c’était amusant. J’ai aussi lu beaucoup d’articles sur le sujet.

J’ai lu sur la mode punk, la mode goth, sur les maquillages de guerre, etc. J’ai trouvé ça fort inspirant!

Et je me suis rendu compte que, bien que j’avais pris soin d’indiquer que ma décision d’arrêter de me maquiller était personnelle, certaines femmes s’étaient sans doute senties jugées par mon propos...

S’en est suivie une phase d’introspection.

Est-ce que j’étais en train de reproduire ce que les femmes subissent depuis toujours?

Étais-je moi aussi en train de pointer du doigt un comportement me paraissant inadéquat - ici le maquillage - quitte à culpabiliser mes amies, collègues, cousines, soeurs concernant leur apparence physique?

Est-ce que je participais moi aussi à cette sempiternelle apposition d’une étiquette «moralement acceptable» sur le corps des femmes?

De toutes les époques, on a pris le corps des femmes en otage. Aujourd’hui encore, on leur dicte comment elles doivent s’habiller: pas de jupes trop courtes, c’est vulgaire! Pas de bretelles spaghettis, c’est interdit!

Et bien vous savez quoi? On en a marre!

Justement, Catherine Fournier députée de Marie-Victorin pour le Parti Québécois, en parlait dernièrement dans un tweet.

Ce tweet parle d’une photo prise lors de sa visite de dimanche dernier à Tout le monde en parle. Cette photo, que vous pouvez voir reproduite en haut de ce billet, montre trois femmes en talons hauts suivies d’une femme en bottes. Cette femme en botte, c’est Catherine Dorion, députée de Québec solidaire dans Taschereau.

La photo dont Mme Fournier parle sur Twitter a été publiée sur le bandeau Facebook du compte officiel de Catherine Dorion. 

À ce sujet, Mme Fournier s’exprime ainsi:

«Ne faut-il pas justement laisser tomber ces méga-stéréotypes? Moi, j'aime les robes et les talons. Un modèle n'est pas plus à privilégier qu'un autre. C'est faire l'erreur inverse. Et c'est dommage. Nous avons toutes notre place.»

Je suis d’accord avec cette affirmation.

Je doute par contre du fait que Catherine Dorion, en publiant cette photo, voulait exprimer son horreur envers les femmes qui portent des talons hauts.

Peut-être voulait-elle plutôt revendiquer sa place, son droit à la différence et à s’habiller comme elle le souhaite? Parce que se sortir d’un moule, ce n’est pas si facile...j’en sais quelque chose!

Ce que je trouve le plus important dans le tweet de la députée péquiste, c’est le fait qu’elle souligne que nous avons toutes notre place. Maquillée, pas maquillée, habillée, déshabillée, cheveux teints ou pas teints, en robes ou en jeans, talons hauts ou bottes, voiles ou pas voiles, etc.

Je me permets donc ici une adaptation libre inspirée par l’actualité du tweet de Mme Fournier:

«Ne faut-il pas laisser tomber les méga-stéréotypes rattachés au voile? Les femmes qui le portent l’aiment. Un modèle n’est pas plus à privilégier qu’un autre. Ce serait faire l’erreur inverse. Et c’est dommage. Nous avons toute notre place.»

Je suis d’accord aussi.

Voile pas voile, nous avons toutes notre place.