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Jonathan Drouin: faire la différence

Jonathan Drouin ne parvient pas à se démarquer en ce début de saison.
Photo PIerre-Paul Poulin Jonathan Drouin ne parvient pas à se démarquer en ce début de saison.

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Bon, on peut faire parler les statistiques de bien des façons. Jack Campbell a reçu 40 tirs, jeudi soir, et le gardien des Kings de Los Angeles a signé son premier jeu blanc en carrière dans la Ligue nationale.

Donc, le Canadien a dominé les Kings, mais Campbell a fait la différence. On peut sauter à cette conclusion. Sauf que, sans vouloir amenuiser la performance du gardien, le Canadien n’a effectué que 15 lancers dans un rayon de 30 pieds et moins.

Trois de ses 15 tirs étaient d’une distance de 10 pieds.

Donc, on ne peut pas dire que l’attaque du Canadien a taillé en pièces la défense des Kings.

Effort et talent

Ce qu’on doit retenir surtout, c’est que l’effort y était, pas de doute. Par contre, comme on le verra au cours de la saison, parfois l’effort ne suffit pas toujours... il faut aussi du talent.

Et quand les joueurs qui doivent faire la différence, je pense à Jonathan Drouin, ne parviennent pas à se démarquer, ça complique le boulot des entraîneurs, ça crée des situations où on ne parvient pas à trouver des solutions.

Il faut donc observer cette équipe avec toutes ses qualités, mais aussi avec un œil plutôt réaliste.

Elle est la formation la plus petite de la Ligue nationale. Physiquement, elle est forcément la moins lourde. Dans une ligue qui prône de plus en plus la rapidité et l’exécution avec une participation accrue des défenseurs, on ne peut pas négliger qu’il y aura toujours ces batailles le long des rampes, dans les coins de la patinoire, des batailles qui favorisent les joueurs avec de bons gabarits.

Du poids sur la glace

Jeudi soir, les Kings ont justement capitalisé sur la taille et le poids. Ils ont conduit les joueurs du Canadien dans des territoires qui ne leur plaisent pas, notamment en les obligeant à travailler en périphérie. Ils se sont imposés physiquement, ils ont profité de leur expérience pour disputer un match comme ils le souhaitaient.

En résumé, ils ont amené le Canadien à disputer un match physique en sachant très bien qu’il aurait du mal à rivaliser. Ils ont gagné leur point et ils n’ont pas été inquiétés à partir du moment où Adrian Kempe marqua sur le tir que Carey Price aurait dû stopper.

Attention, il n’est pas dit que le Tricolore ne parviendra pas à surprendre des équipes de premier plan, comme il l’a fait la semaine dernière à Toronto et à Pittsburgh. Tant et aussi longtemps qu’on cherchera à rivaliser au niveau de la rapidité et de l’exécution avec cette jeune équipe animée par une nouvelle attitude, travaillant dans un environnement amélioré, le Canadien sera dans le coup.

Toutefois, il faudra un effort où chacun met l’épaule à la roue. Les entraîneurs devront poursuivre leur recherche et tenter des expériences afin de trouver la bonne formule. Dans le cas de Drouin, est-ce que Max Domi au centre est la solution ? Ou Jesperi Kotkaniemi et Drouin seraient-ils plus productifs avec Artturi Lehkonen ?

Devrait-on utiliser Kotkaniemi sur la première vague en supériorité numérique ?

Je suis persuadé que, sur la planche à dessin, il y a plusieurs scénarios. Encore faut-il trouver celui qui va s’adapter aux acteurs. Le Canadien, à première vue, semble avoir choisi le bon processus. Intégrer de jeunes joueurs, modifier la liste des leaders et ajouter des responsabilités à tout un chacun.

Peut-être que cette période d’inactivité, cinq jours, n’a pas aidé. Il reste que l’entraîneur sait très bien que, dans le processus actuel, la patience est nécessaire. Un fait demeure, l’effort est indispensable pour compétitionner à un niveau supérieur.

Mais encore faut-il que les effectifs jouent leur rôle avec beaucoup d’aplomb. Où est le Jonathan Drouin qui se distinguait avec le Lightning de Tampa Bay ? Surtout quand on l’utilisait sur le flanc droit où il avait toute la liberté pour s’exprimer ?

C’est ce Drouin qu’on aimerait revoir. Il pourrait faire toute la différence.