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Le nouveau chef... en attendant le chef

Pierre Arcand
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL Pierre Arcand

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Quelques jours après la violente dégelée reçue par le Parti libéral du Québec, Philippe Couillard a annoncé qu’il renonçait à son poste de chef du PLQ. Il a également annoncé qu’il n’entreprendrait pas son mandat à titre de député de Roberval.
 
Dans les moments qui ont suivi, les plaques tectoniques du PLQ se sont mises à bouger, comme lors des tremblements de terre.
 
En attendant la suite
 
Sans attendre, le caucus libéral a nommé son nouveau chef. Une copie quasi conforme, mais un peu délavée, de Philippe Couillard.
 
On ne peut pas vraiment s’empêcher de sourire quand on pense que Pierre Arcand remplacera Philippe Couillard en chambre dès la rentrée parlementaire.
 
Si les libéraux voulaient donner un visage au changement, ils ont raté leur coup. 
 
Bien sûr, le renouveau viendra avec le prochain chef, celui qui sera nommé par les membres d’ici un ou deux ans. On doit toutefois se demander si le PLQ peut se permettre de vivoter aussi longtemps s’il veut faire cesser sa chute dans l’intérêt des Québécois.
 
Un chef parlementaire, intérimaire, n’a pas uniquement la tâche de garder le bateau à flot et de traverser la tempête. Pour les Québécois, il devient l’incarnation du parti qu’il dirige.
 
Si on pense, avec raison, que Pierre Arcand a la fibre nécessaire pour apaiser les travaux parlementaires et pour veiller sur la saine gestion du caucus libéral, j’ose croire qu’on ne pense pas qu’il va soulever les foules et les cœurs en faveur de son parti.
 
Pour plusieurs, Pierre Arcand est celui qui ne fera pas de vagues, qui n’entrera pas dans des querelles trop violentes avec François Legault, celui qui va calmer tout le monde et faire oublier aux Québécois pourquoi ils n’aiment plus le PLQ.
 
La mission du chef de l’opposition
 
Pendant ce temps, la CAQ de François Legault recommence à brasser la soupe puante de l’interdiction du port des signes religieux.
 
Sans attendre d’avoir été assermentés, les nouveaux députés de la CAQ se sont lancés dans un bourbier qui lève le cœur de nombreux Québécois. Leur engagement à déposer rapidement un projet de loi interdisant le port des signes religieux vise surtout à cristalliser leurs appuis en région.
 
Le supposé consensus à propos du port des signes religieux n’est pourtant pas si évident. Comme dans bien d’autres dossiers, si la solution était simple et qu’elle faisait l’unanimité, elle serait déjà appliquée. 
 
Devant un parti qui choisit d’agiter le moins bon côté des Québécois dès son accession au pouvoir, le chef de l’opposition ne peut demeurer silencieux.
 
La CAQ est maintenant majoritaire. Ce n’est pas une excuse pour la laisser faire tout ce qui passe par la tête de François Legault sans dénoncer vivement les dérives qui peuvent nécessairement en découler.
 
Pierre Arcand doit rapidement fourbir ses armes et préparer sa réplique. Ce sujet ne sera que l’un de ceux à propos desquels il devra affronter François Legault. En temps normal, son leader parlementaire devrait porter certaines des attaques les plus vives, mais l’intérêt de Sébastien Proulx envers le rôle de futur chef du PLQ le place dans une mauvaise posture. 
 
À l’Assemblée nationale comme au sein de son propre parti, la mission de Pierre Arcand s’annonce complexe.