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Le virus du Nil fait 11 morts au Québec

Il s’agit de la pire année jamais vue dans la province avec 155 cas de personnes infectées jusqu’à maintenant

Richard Éthier est de retour chez lui après avoir vécu deux mois d’hospitalisation et de réadaptation à cause du virus du Nil. Devant sa conjointe Francine Lamothe, il peut se tenir debout.
Photo Hugo Duchaine Richard Éthier est de retour chez lui après avoir vécu deux mois d’hospitalisation et de réadaptation à cause du virus du Nil. Devant sa conjointe Francine Lamothe, il peut se tenir debout.

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Plus de 150 Québécois auraient été infectés par le virus du Nil occidental cet été, alors que 11 en sont morts. C’est la pire année jamais vue dans la province, et le bilan pourrait encore s’alourdir.

« On peut penser que la chaleur de cet été a joué un grand rôle [...], mais on est quand même surpris de l’ampleur », admet le Dr François Milord, médecin-conseil à la Direction de santé publique de la Montérégie.

Sa région est la plus touchée avec 67 cas probables et confirmés. Au Québec, les 155 infections recensées par le ministère de la Santé font de 2018 la pire année depuis 2012, durant laquelle 134 cas avaient été comptés. Les 11 décès survenus jusqu’à maintenant représentent aussi le double d’il y a six ans.

La sœur de Josée Lavictoire-Bellemarre, Sylvie Bellemarre, est l’une des victimes foudroyées par le virus. Se sentant d’abord « fatiguée et grippée », elle a dépéri en quelques jours, avant de tomber dans un coma dont elle n’est jamais sortie, moins de 24 heures après son hospitalisation. La femme, qui a fait une encéphalite, est décédée le 19 septembre, environ deux semaines plus tard.

Manque de prévention

« On n’a pas d’information [...] on n’en a pas entendu parler cette année », déplore Mme Lavictoire-Bellemarre. Elle n’a pas l’impression que les autorités ont fait suffisamment de prévention.

« Il y a des campagnes qui existent, c’est d’y porter attention », plaide le Dr Milord.

« Cette augmentation des cas a été observée tard en saison. Au cours de l’été, le nombre de cas déclarés restait dans les valeurs normales des dernières années », fait quant à elle valoir par courriel la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Marie-Claude Lacasse.

Selon le Dr Milord, seule la prévention peut repousser le virus, puisqu’il n’existe aucun vaccin ou traitement pour le soigner. Manches longues et chasse-moustiques sont donc les seules protections.

« C’est vraiment notre organisme qui se trouve à combattre le virus et à l’éliminer », dit-il, ajoutant qu’une fois l’infection vaincue, le corps est ensuite immunisé.

80 % sans symptômes

Il souligne que 80 % des personnes infectées n’auront aucun symptôme. Environ 20 % auront l’impression d’avoir une grippe avec de la fièvre. C’est seulement pour 1 % des malades que le virus aura des conséquences plus sévères.

Les symptômes varient, allant de l’encéphalite à la paralysie de certains membres.

C’est notamment ce qu’a vécu Richard Éthier, de Laval, qui vient juste de rentrer à la maison après deux mois d’hospitalisation et de réadaptation.

« Je suis dans les chanceux », reconnaît l’homme de 65 ans, qui a eu peur de ne jamais remarcher.

Il faisait des travaux de terrassement chez lui, au début du mois d’août, quand il a commencé à se sentir fatigué. Pendant trois jours, il a fait des nuits de 14 heures. Il était aussi sans doute fiévreux, mais il ne s’en est jamais rendu compte à cause de la chaleur caniculaire.

Se rendant finalement à l’urgence, il s’est effondré devant le médecin. Il n’avait plus aucun équilibre et était incapable de bouger ses jambes.

Il est resté hospitalisé deux semaines. Une fois le virus vaincu, il a dû réapprendre à marcher. Aujourd’hui, il se déplace avec une marchette, mais il a bon espoir de marcher seul d’ici Noël.

Repartir à zéro

Pour l’instant, le MSSS souligne que d’autres cas pourraient être déclarés dans les jours à venir. « On repart quand même à zéro chaque été », ajoute pour sa part le Dr Milord, puisque l’hiver tue la majorité des moustiques.

« On va devoir faire une réflexion pour l’année prochaine », reconnaît-il cependant.

Le virus du Nil occidental

  • Il se transmet par la piqûre d’un moustique infecté.
  • Il est présent au Québec depuis 2002.
  • Le risque d’être piqué par un moustique vecteur est présent jusqu’aux premières gelées.

Cette année

Montérégie

  • 48 cas confirmés
  • 19 cas probables

Laval

  • 28 cas confirmés
  • 1 cas probable

Montréal

  • 16 cas confirmés
  • 1 cas probable

Lanaudière

  • 15 cas confirmés

Laurentides

  • 11 cas confirmés

Capitale-Nationale

  • 7 cas confirmés

2018

  • 155 cas, 11 décès

2017

  • 27 cas, 1 décès

2016

  • 30 cas, 2 décès

2015

  • 45 cas, 1 décès

2014

  • 6 cas

2013

  • 32 cas, 1 décès

2012

  • 134 cas, 5 décès

Source : ministère de la Santé et des Services sociaux