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Pourquoi je cours

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Pas besoin de vous dire que courir, c’est à la mode. Comme la mienne, vos pages Facebook sont remplies de vos statuts et de ceux de vos amis qui participent à des événements, des 5 km, des 10 km, des marathons ou des triathlons.

Chaque fois que je mets un statut relatant un événement auquel je participe, je me pose la question si c’est trop et, chaque fois, je suis le premier surpris de m’en faire parler positivement par mes chums. Dans mes statuts, j’essaye d’ajouter un petit côté divertissant en racontant une histoire humaine qui m’a marqué ou tout simplement en décrivant la beauté des paysages que j’ai croisés en chemin.

Oui, je cours pour me mettre en forme, ça va de soi. J’en profite aussi pour prendre mes décisions, analyser ce qui se passe dans ma vie. Si je me lève de mauvaise humeur, en revenant d’une course, je vois les choses différemment.

Je cours aussi parce que je sais d’avance que je vais en ressortir avec une histoire à partager. Encore plus important, que je vais vivre une expérience qui va me marquer.

Belles histoires

Voici deux histoires qui vont bien résumer pourquoi j’adore mettre mes runnings.

Dimanche dernier, j’ai couru au marathon de la Vallée de la Rouge au nord de Tremblant. Une des organisatrices, France Latendresse, m’avait contacté pour être porte-parole et la vie faisant bien les choses, j’avais mon week-end libre.

Pour m’accommoder, ils m’ont trouvé un petit chalet tranquille. Pas d’internet, pas de câble, juste la paix. C’est Claude, le cousin de France, qui m’a accueilli, et en plus, sa femme Chantale a eu la gentillesse de me faire un pouding chômeur pour accompagner le souper de France. Ça ne faisait même pas 30 minutes que je connaissais ce monde-là et déjà, j’avais l’impression d’être dans un souper de famille.

Ce qui était censé être une simple participation à un marathon s’est transformée en une extraordinaire expérience de chaleur humaine. J’ai couru le lendemain sur le passage du P’tit-Train-du-Nord le cœur léger, enfoui dans la nature avec toutes les odeurs de l’automne qui me donnait ce doux buzz de plein air et le vent frais qui faisait juste me rappeler quelle saison on était.

J’ai un autre exemple : j’ai participé au défi Moi pour Toi de Chantal Lacroix, une course à relais qui part de Montréal pour se terminer à Québec. Mon équipe était formée de deux participantes autistes et Vincent Laforce qui est trisomique.

Vincent et moi

Lors d’un arrêt à Berthierville où on participait à une activité avec les gens du coin et pendant les discours protocolaires, Vincent est monté parler et, avec la sincérité de ses larmes, il nous a expliqué que lui courait pour honorer sa mère qui avait combattu le cancer.

Le lendemain, juste avant d’arriver à Donnacona, il fallait monter une bonne pente d’environ 1 km et Vincent avait insisté pour le faire avec nous. Avec mon partenaire Chris, on s’est installé de chaque côté de Vincent en prenant le temps de voir si tout allait bien en montant :

– Ça va Vincent ?

– Ça va.

Lorsque c’est devenu difficile, il nous a tenus par les bras et juste comme on est arrivé en haut, il a crié : « Je suis maintenant fort comme ma mère. »

Des histoires comme celles-là, je peux vous en conter des dizaines et elles répondent toutes à cette même question du pourquoi je cours.