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Une balade sur l’autre rive

1013 VOY - Lanctôt
Photo Jacques Lanctôt

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LA HAVANE | Je n’ai jamais pris la navette fluviale entre Montréal et Longueuil parce que ça me semble trop compliqué de le faire : quels sont les horaires et tarifs et d’où embarque-t-on ? Mais j’ai pris la navette entre La Havane et Regla parce qu’elle est des plus accessible, tout comme l’avenue du port où est située la gare maritime, que tout le monde connaît et fréquente. Cette navette coûte trois fois rien. Et surtout on y a résolu le problème des horaires : il n’y en a pas ! En fait, il y a une navette en tout temps, c’est-à-dire toutes les quinze ou vingt minutes.

Regla est une petite municipalité située de l’autre côté de la baie de La Havane. On s’y rend pour son église, lieu de dévotions associées à la santeria afro-cubaine et de pèlerinages annuels, un peu comme l’est l’église Notre-Dame du Cap-de-la-Madeleine, près de Trois-Rivières. La vierge noire, ou Yemaya dans la religion afro-cubaine, emmenée d’Espagne en 1694, y trône au milieu de bouquets de fleurs que les fervents lui apportent tout en allumant un cierge pour obtenir d’elle une faveur.

On y va aussi pour respirer un air différent, loin de la foule de touristes de la Vieille Havane, et passer un après-midi relax en se promenant dans les petites rues paisibles sans être dérangés par les voitures, plutôt rares. Durant la traversée, d’une quinzaine de minutes, vous pourrez admirer la vieille ville de La Havane, vue de la mer. Ô temps, suspend ton vol !

Casa Blanca

On reprend vite la navette qui vous ramène à La Havane, mais vous demeurerez dans le traversier qui repartira une quinzaine de minutes plus tard pour Casa Blanca. Cette autre municipalité située, elle aussi, de l’autre côté de la baie havanaise était réputée pour abriter la gare d’où partait le train électrique qui se rendait jusqu’à Matanzas, en passant par la ville balnéaire de Guanabo. Un parcours prometteur en surprises de toutes sortes, car les passagers y montaient avec de drôles d’animaux de compagnie, dont des poules et parfois des cochons.

Ce train électrique a été construit en 1917 par le magnat du chocolat Hershey. Il servait au transport aussi bien de ses ouvriers que de ses produits chocolatiers. La compagnie américaine a été nationalisée au début de la révolution et le propriétaire est retourné dans son pays. L’entreprise a fermé ses portes quelques années plus tard.

La statue du Christ, en marbre blanc de Carrare, fait vingt mètres de haut.
Photo Jacques Lanctôt
La statue du Christ, en marbre blanc de Carrare, fait vingt mètres de haut.

Malheureusement, depuis le dernier cyclone, Irma, en 2017, la ligne électrique qui alimentait le train a été sérieusement endommagée et le train ne circule plus pour l’instant. On promet qu’en 2019, il sera de nouveau en fonction. Alors, il faut se rabattre sur la statue du Cristo. Après une courte ascension d’un demi-kilomètre environ, avec une pause à l’ombre pour caler une bouteille d’eau ou une bière Cristal bien fraîche, l’immense statue de marbre blanc de Carrare surgit devant nous comme une apparition. On se dit que les efforts fournis durant l’ascension en valaient la peine, car la vue sur La Havane est unique tout comme l’impressionnant Cristo.

De là, vous pourrez entreprendre une autre visite en montant dans une calèche qui, pour une dizaine de CUC, vous conduira à la forteresse La Cabaña, dont je parlerai prochainement.