/news/society
Navigation

La renaissance de l’Accueil Bonneau

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL - Lundi sera souligné le vingtième anniversaire de la réouverture de l’Accueil Bonneau après une déflagration, le 9 juin 1998, qui avait fait trois morts et 24 blessés.

Une religieuse et deux bénévoles ont été tués lors de cette tragédie. Une enquête révélera plus tard qu'un employé d'une entreprise a endommagé un tuyau d'alimentation en gaz, provoquant par la suite une violente explosion.

Soeur Fournier était à l'intérieur au moment du drame, mais n'a pas été blessée, presque par miracle.

«J'allais chercher les dernières personnes qui restaient pour leur dire d'évacuer, parce qu'on sentait vraiment le gaz, raconte sœur Nicole Fournier, ancienne directrice générale de l’organisme. Quand la lumière vient, on voit qu'on peut sortir par les fenêtres, la façade est partie.»

Yvon, qui préfère de pas être identifié, a été atteint aux jambes par des débris.

«Surtout dans les chevilles, précise-t-il. J'ai été dans le plâtre pendant 71 jours.»

Pendant que les secouristes fouillaient les décombres, sœur Fournier constatait les dégâts.

«Je me suis dit: 'Mon Dieu, qu'allons-nous devenir?'» se souvient-elle.

Aussitôt, le maire de Montréal Pierre Bourque, le cardinal Jean-Claude Turcotte et le premier ministre Lucien Bouchard ont annoncé que les sans-abri auraient, deux jours plus tard, un local temporaire dans le Vieux-Montréal, le temps de tout reconstruire.

La promesse a été tenue. Quatre mois après le drame, le 15 octobre 1998, l'Accueil Bonneau rouvrait ses portes.

«C'est la contribution du public et de beaucoup d'organismes qui fait qu'on paie la facture de 4 millions, relate sœur Nicole Fournier. Les œuvres communautaires comme l'Accueil Bonneau, c'est un peu le patrimoine social de Montréal.»

Chaque jour, on y sert désormais plus de 700 repas avec l'aide de bénévoles.