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Le syndicat entre chez Téo Taxi

Plusieurs chauffeurs estiment toujours s’être fait montrer la porte en raison de leurs activités syndicales

Le chauffeur Kambiz Sobhi Afshar, ici devant le garage de la flotte de la rue Saint-Patrick, espère que les relations avec son employeur vont s’améliorer.
Photo Francis Halin Le chauffeur Kambiz Sobhi Afshar, ici devant le garage de la flotte de la rue Saint-Patrick, espère que les relations avec son employeur vont s’améliorer.

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Une autre tuile s’est abattue lundi sur la firme Téo Taxi d’Alexandre Taillefer, qui devra maintenant vivre avec 400 travailleurs syndiqués Teamsters, a tranché le Tribunal administratif du travail.

« Pour les anciens chauffeurs, qui sont là depuis le début et qui ont aidé à la fondation de cette compagnie-là, on aimerait ça avoir une petite prime. On aimerait aussi ça avoir des vacances allongées à trois semaines », dit au Journal Kambiz Sobhi Afshar, l’un des plus anciens chauffeurs de Téo Taxi.

M. Sobhi Afshar pense bien devenir l’un des délégués syndicaux des Teamsters chez Téo Taxi. Il aime l’entreprise. Il a joint ses rangs en 2016, nourri par l’image verte de Téo. Mais les conditions de travail l’ont ensuite fait déchanter.

« On avait des pauses de 30 minutes que l’on nous avait enlevées. On va essayer de ramener ces pauses-là, au moins à 15 minutes, pour bien respirer, parce que jusqu’à maintenant, on a juste des petites pauses toilettes », souligne-t-il.

Très optimiste

Retour des moments de répit, heures de repas plus longues, Kambiz Sobhi Afshar a déjà sa liste d’épicerie à présenter à la direction de Téo Taxi. L’arrivée du syndicat lui redonne espoir.

« On est très contents. On est très optimistes », ajoute-t-il.

Jointe par Le Journal lundi, la directrice des communications de la maison-mère de Taxelco, Jessica Théroux, a dit qu’elle « accueillait » la nouvelle du Tribunal administratif du travail.

« Ça a été fait au terme d’un processus démocratique, dans le cadre des lois, donc dès que les représentants vont être nommés, on va collaborer avec eux », a-t-elle précisé.

Selon Mme Théroux, l’atmosphère chez les chauffeurs est bonne en ce moment.

« On vient de battre des records historiques de courses par semaine depuis le tout début de Téo grâce à nos chauffeurs. Donc ça va bien », a-t-elle résumé.

Les Teamsters et les patrons de Téo Taxi croiseront toutefois le fer dès le début du mois prochain au TAT pour « des plaintes de congédiements abusifs qui auraient comme source les activités syndicales des travailleurs », selon le porte-parole des Teamsters, Stéphane Lacroix.

« On va contester les plaintes de congédiements abusifs devant le tribunal en temps et lieu. On n’a jamais congédié qui que ce soit en raison d’activités syndicales », insiste Jessica Théroux.

Rappelons que ces derniers mois, les relations de travail entre l’entreprise dirigée par Alexandre Taillefer et ses chauffeurs se sont envenimées.

Une trentaine de chauffeurs de taxi ont été écartés en moins d’un mois.

Plusieurs chauffeurs avaient alors contacté Le Journal pour faire part de conditions de travail difficiles à leurs yeux, ce qu’avait vigoureusement réfuté M. Taillefer.

En plus de relations de travail houleuses, Téo Taxi a dû vivre avec une santé financière difficile. Elle a demandé 7,5 millions $ à la Caisse de dépôt, au Fonds de solidarité FTQ et à la Fondaction CSN quelques mois après avoir obtenu 17 millions $ d’eux.