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L’après 1er octobre

Aujourd'hui, à l'assermentation des nouveaux députés de la CAQ, François Legault, le premier ministre désigné, était très ému.
Capture d'écran TVA Nouvelles Aujourd'hui, à l'assermentation des nouveaux députés de la CAQ, François Legault, le premier ministre désigné, était très ému.

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Ce que je vais vous dire n’a aucune valeur scientifique. Je ne suis pas sondeur, non plus. Je suis politologue de formation et analyste politique de profession.

Étant déjà à l’aube de mes 25 ans de métier bien sonnés – eh oui, l’expérience et la mémoire ont tout de même leurs avantages -, on me reconnaît facilement et souvent dans ma vie quotidienne.

Et ce, autant chez les francophones que les anglophones (faut dire que j’ai aussi beaucoup travaillé dans les médias de langue anglaise).

Souvent, donc, des personnes viennent me voir pour me remercier de mon travail (ceux qui ne nous aiment pas, c’est connu dans mon métier, ne nous parlent tout simplement pas). Et aussi, il va sans dire, pour «jaser» de politique – québécoise, canadienne ou américaine. Ce que j’apprécie toujours beaucoup.

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Soulagement

Donc, sans avoir fait de sondage, mais en me basant uniquement sur ces échanges tout de même nombreux, une chose me frappe tout particulièrement depuis l’élection du 1er octobre.

Et comme aujourd’hui, les nouveaux députés de la CAQ sont assermentés – jeudi, ce sera le tour au nouveau et premier conseil des ministres du premier ministre élu François Legault -, j’ai cru que de partager l’observation suivante tombait plutôt bien.

Cette observation est le sentiment généralisé de soulagement face à la défaite des libéraux de Philippe Couillard (le nom de Gaétan Barrette revient aussi très souvent dans les discussions, et pas à la positive!), dont on me parle beaucoup depuis l'élection.

Les gens qui croisent mon chemin, qu'ils soient pour ou contre la CAQ, souverainistes, fédéralistes ou je-m’en-foutistes, la première chose qu'ils me disent est qu'au moins, on a eu du changement! On ne sait pas encore lequel, mais il était temps que ça arrive. Traduction libre de ma part, mais fidèle aux dits propos.

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Signes religieux

Par contre, on me parle très peu de la question des signes religieux – un peu comme si l’impression que ça pourrait peut-être enfin «se régler» de manière plus douce que sous la «charte des valeurs», contribuait à une impression de dossier bientôt réglé.

Ce dont on me parle beaucoup plus est la santé et l’éducation – les deux piliers les plus importants de l'action gouvernementale, mais aussi les plus affaiblis par l'austérité.

La santé, surtout, inquiète beaucoup. On me demande qu’est-ce qui va arriver quand on sera vieux?

D’autres me racontent leurs histoires d’attentes sans fin pour des soins ou une place d’hébergement pour un membre vulnérable de leur famille. Etc.

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Inquiétudes fondées

Des proches aidants, dont je suis, viennent aussi me raconter leur découragement et leur épuisement face au manque scandaleux de soutien concret pour leur permettre de mieux s’occuper de la personne dont ils prennent soin.

D’autres encore s’inquiètent du recul du français dans la grande région métropolitaine. Un recul qui se voit et s’entend de plus en plus.

Sans compter ceux et celles qui, de plus en plus nombreux eux aussi, s’inquiètent avec raison des changements climatiques.

Souvent, également, des souverainistes viennent me dire à quel point ils peinent plus que jamais à voir la lumière politique au bout du tunnel dans lequel le Parti québécois et le Bloc sont tous deux coincés.

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Ces échanges n’ont bien évidemment rien de scientifique, je le redis, mais il me semble qu’ils reflètent néanmoins assez fidèlement le «climat» post-1er octobre qui s'est installé au Québec.

Ou, si vous préférez, appelons ça l’air du temps post-Couillard...