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Dis-moi combien tu fais, et je te dirai qui tu es

Dis-moi combien tu fais, et je te dirai qui tu es
Joël Lemay / Agence QMI

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«Êtes-vous ce que vous faites, ou faites-vous ce que vous êtes?» questionnaient les professeurs de philosophie au cégep.

Six ans plus tard, je répondrais sans équivoque que nous sommes ce que nous faisons.

Dans une société comme la nôtre, qui fait la promotion de l’ouvrage mercantile, de l’ouvrage acharné, de l’ouvrage pondéré, c’est bien souvent notre métier qui nous définit. Du moins qui aide les autres à nous définir, à nous catégoriser.

Pourtant, lorsque ma tante est décédée le mois dernier, j’ai réalisé que ne savais rien de sa vie professionnelle. Et que malgré tout, je la savais entière. Suzanne était de ces gens qu’on définit par leur bienveillance et leur ouverture d’esprit, non pas par leur métier. Et comme plusieurs, Suzanne était victime de l’univers dans lequel on vit. Celui où notre système économique l’emporte sur nos rêves et notre culture, celui où la peur d’être le moins riche de ses voisins l’emporte sur la peur d’être le plus malheureux.

Bien sûr, il est possible que certains d’entre vous retirent un réel bonheur à faire de l’argent, consommer et dormir. Mais ce système, qui influence chaque quidam désirant manger à y participer, a ses enjeux. Dont l’enjeu d’affaiblir notre culture.

«Le système économique tasse tout ce qui est dans le chemin de l’argent. Et la culture, c’est dans le chemin de l'argent! Le vrai combat, c’est pas une culture contre une autre. C’est LA culture, contre ce système économique», lançait Catherine Dorion à TLMEP le 7 octobre dernier, en lien avec le débat sur les signes religieux.

Qu’on se le dise une fois pour toutes: je n’aspire pas à une société de licornes où l’art et la culture mèneront le bal économique, pas plus que le désire Québec solidaire. Je trouve simplement qu’un pion orange dans l’amalgame politique est nécessaire pour parfois changer de perspective sur le système.

Alors la prochaine fois que quelqu’un vous demandera: «Vous faites quoi, vous, dans la vie?» rien ne vous obligera à évoquer votre métier.

Libre à vous de répondre: «Moi je nage, je jardine, je ris, ou bien j’avance.»

Écoutez les réactions de Lise Ravary au sujet de cette chronique:

 

 

 


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