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La partition de Montréal

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Photo Sarah Daoust-Braun Valérie Plante

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Il suffit de regarder une carte électorale pour comprendre que Montréal et le reste du Québec ne vivent plus sur la même planète.

Ce n’est pas qu’une question d’idéologie, mais de démographie.

Alors que la majorité historique francophone se concentre dans les régions et en banlieue, juste à la sortie des ponts, la métropole s’est profondément transformée sous la pression de l’immigration massive.

Les communautés qui en sont issues s’inscrivent plus spontanément dans l’identité canadienne que dans l’identité québécoise.

Divorce

Il suffit, pour un Québécois francophone, de s’y aventurer pour rapidement comprendre qu’il n’est plus chez lui. Ceux qui y vivent sont en voie de minorisation accélérée. Ce n’est pas d’hier, toutefois.

Le divorce entre le Québec et sa métropole s’accentue d’une décennie à l’autre.

Martin Lemay, ancien député péquiste de Sainte-Marie–Saint-Jacques (2006-2012), et devenu depuis un des observateurs les plus perspicaces de la politique québécoise, aimait dire, dès le milieu des années 2000, que d’ici une vingtaine d’années, le parti souverainiste serait complètement chassé de l’île de Montréal. C’est fait depuis deux semaines.

Il ne s’agit pas d’une simple donnée électorale, mais du symptôme d’une désaffiliation politique qui témoigne du ralliement de la métropole à la logique du partitionnisme. Les deux caquistes élus dans l’est de la ville ne font pas le poids.

On s’en souvient, au moment de la Charte des valeurs, plusieurs figures politiques montréalaises importantes annonçaient vouloir y soustraire la métropole. Maintenant, on comprend que la classe politique montréalaise entend monter aux barricades contre la Charte de la laïcité du gouvernement Legault.

Cette tendance devient aujourd’hui caricaturale avec l’acharnement malsain de Valérie Plante à refuser d’afficher le drapeau du Québec devant les édifices publics de sa ville, qu’elle prend pour une cité-État dont elle s’est improvisée présidente. Elle devrait revenir sur terre et respecter le protocole le plus élémentaire.

Anticipons la suite : viendra un jour où la Ville de Montréal trouvera trop pesante la loi 101 et réclamera une exception juridique à grande échelle pour s’y soustraire.

Il est urgent d’inverser cette dynamique de désintégration pour empêcher Montréal de devenir une ville-monde séparée de son pays. Et c’est pour cela que le gouvernement devrait se donner pour mission de réintégrer Montréal dans la nation québécoise.

Cela implique d’abord une chose : renforcer la loi 101 pour s’assurer que le français ne soit pas optionnel dans la plus grande ville de la nation.

Drapeau

Mais cela impliquera aussi que le gouvernement Legault ne se laisse pas intimider par les barons de Montréal sur le plan de la laïcité et qu’il soit ferme dans son application.

Il est temps de rebâtir un rapport de force à l’avantage du Québec francophone, pour éviter que notre pays se casse en deux.

Mais les citoyens devraient aussi participer à la reconquête symbolique de leur ville.

Petit souvenir : il y a une quinzaine d’années, sur des milliers de balcons, on pouvait voir le drapeau québécois fièrement affiché. Il m’arrive de rêver que dans quelques années, il en sera de nouveau ainsi.