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Gardons le crucifix!

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François Legault a raison : le crucifix doit rester. Il doit rester parce que notre peuple a une mémoire de poisson rouge et en a besoin pour se représenter minimalement son passé.

Je suis un enfant de la Révolution tranquille, je ne suis pas un croyant. Vous ne me verrez jamais à la messe, sauf pour des funérailles ou un mariage.

Je refuse toutefois que l’on touche au crucifix de l’Assemblée nationale qui est la preuve que l’histoire du Québec et le souvenir du poids écrasant de l’Église de jadis n’empêchent pas la modernité.

Symbolique

« Un crucifix ? C’est quoi, ça ? » se demande le jeune dont l’éducation familiale est totalement dépourvue de religion et qui ne sait même pas ce que c’est qu’un chapelet. L’école doit enseigner ces choses de base qui, jadis, s’inscrivaient dans la réalité quotidienne parce que la religion catholique a pris le bord !

Cet effondrement de l’Église a eu lieu pendant que le crucifix était là. Les folles années 1960 et 1970 ont eu lieu alors que le crucifix était là. Pourquoi l’enlever maintenant au nom d’une laïcité qu’il n’a jamais empêchée ? On s’entend que ce n’est pas le catholicisme qui exige des accommodements déraisonnables en ce moment ; le fanatisme ne regarde plus vers Rome ; il se tourne vers La Mecque.

Vol de mémoire

Après le crucifix de l’Assemblée nationale, ce sera au tour de la croix du mont Royal, puis ce sera celui de la croix blanche du drapeau national, déjà boudé par la ricaneuse mairesse de la métropole...

Je viens de terminer la rédaction d’un livre, La mémoire qu’on vous a volée, qui doit paraître ce printemps, pour boucher le trou de mémoire de deux siècles (de la Conquête jusqu’à la Révolution tranquille) qui afflige l’immense majorité des Québécois. Si en plus de tout oublier, on commence à effacer les traces du passé, on aggrave l’amnésie et, par le fait même, la bonasserie, la lâcheté, la peur, la soumission. Donc, je le répète : gardons le crucifix, c’est important, parce que notre mémoire de poisson rouge en a besoin. Ne cédez pas sur ce point, M. Legault !