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La Caisse de dépôt prend goût au risque en Inde

L’institution québécoise détient des investissements de 4 G$ dans le pays

Un ministre du Pendjab, Bikram Singh Majithia (au centre), sur les toits couverts de panneaux solaires d’une centrale photovoltaïque, en Inde, en mai 2016. La Caisse de dépôt a annoncé hier l’injection de 130 M$ dans la production d’énergie solaire dans ce pays.
Photo d’archives, AFP Un ministre du Pendjab, Bikram Singh Majithia (au centre), sur les toits couverts de panneaux solaires d’une centrale photovoltaïque, en Inde, en mai 2016. La Caisse de dépôt a annoncé hier l’injection de 130 M$ dans la production d’énergie solaire dans ce pays.

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La Caisse de dépôt et placement a encore annoncé hier un investissement important en Inde, faisant le pari que le profil de risque plus élevé du pays se traduira par des rendements plus élevés pour les Québécois.

L’organisme dirigé par Michael Sabia injecte 130 millions $ de plus dans le producteur d’énergie solaire Azure Power, fondé en 2008 par l’entrepreneur indien Inderpreet Wadhwa, un ancien cadre du géant du logiciel Oracle. L’investissement de la Caisse dans Azure s’élève désormais à 313 millions $, ce qui confère à l’organisme une participation de 40 % dans l’entreprise de New Delhi.

« L’Inde est un pays qui a besoin d’énergie et qui a besoin de décarboner sa production. Il nous fallait une plateforme pour investir là-dedans. M. Wadhwa est un entrepreneur remarquable qu’on a choisi d’accompagner dans sa croissance », affirme au Journal Emmanuel Jaclot, premier vice-président aux infrastructures à la Caisse.

Azure détient un portefeuille de projets répartis dans 23 États indiens générant trois gigawatts, ce qui représente deux fois la capacité de la centrale hydroélectrique Manic-5 d’Hydro-Québec.

Un bureau en Inde depuis 2016

Depuis l’ouverture d’un bureau à New Delhi en mars 2016, la Caisse a accru significativement sa présence en Inde. Ses investissements dans le pays se chiffrent actuellement à environ 4 G$.

La Caisse a encore du rattrapage à faire par rapport à son grand rival torontois, l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada, qui a investi 7 G$ en Inde au cours des dix dernières années.

« Il y a de la croissance en Inde, mais c’est au prix d’un peu plus de risque », concède M. Jaclot. C’est pourquoi la Caisse exige des rendements plus élevés pour ses investissements dans le pays, précise-t-il.

Actifs en difficulté

En 2016, par exemple, la Caisse s’est engagée à investir jusqu’à 900 millions $ dans des actifs en difficulté et du crédit spécialisé aux entreprises. Son partenaire dans ce dossier est l’Edelweiss Asset Reconstruction Company, le plus important spécialiste indien en reprise et résolution d’actifs en difficulté.

Pour ce qui est de l’investissement dans Azure Power, Emmanuel Jaclot se montre rassuré par les revenus prévisibles, le rendement supérieur et la répartition géographique des projets de l’entreprise.

M. Jaclot se dit « très confiant » quant à l’intégrité des appels d’offres du gouvernement indien auxquels Azure participe pour la vente d’électricité.

« Il n’y a vraiment pas de corruption possible dans le mécanisme des appels d’offres sur le marché indien », assure-t-il.

 

Principaux investissements de la Caisse en Inde

  • CLP India (énergie): 365 M$ US
  • Piramal (immobilier résidentiel): 250 M$ US
  • Azure Power (énergie solaire): 240 M$ US
  • Kotak Mahindra (banque): 225 M$ US
  • Logos (logistique): 200 M$ US
  • TVS (logistique): 155 M$ US