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Un premier ministre apaisant

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Photo Agence QMI, Simon Clark François Legault a des allures de bon père de famille.

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Depuis plusieurs années, les Québécois ont connu tour à tour des premiers ministres charismatiques, abrasifs et surdoués, et dans le cas du dernier, hautain et distant. Depuis des années, les Québécois ont développé une irritabilité qui s’est transformée en colère, en cynisme, voire en dégoût. La politique a fini par les épuiser.

L’on assiste depuis l’élection de la CAQ de François Legault à un surprenant phénomène. Dès le lendemain de l’élection, nombre de gens exprimaient une forme de soulagement. Comme s’ils allaient soudain quitter le climat toxique et désespérant qui a eu sur leur moral un effet plus que négatif.

Pourtant, François Legault a posé peu de gestes encore, à part l’annonce de l’interdiction des signes religieux pour quelques catégories de personnes symbolisant l’État. Cette annonce provoque des réactions hostiles chez les libéraux et leur clientèle électorale, mais elle rallie, à vrai dire, une majorité de Québécois.

L’assermentation des députés caquistes s’est déroulée mardi dans une atmosphère bon enfant, mais empreinte de dignité et d’émotion. Pourquoi donc a-t-on cru aux larmes retenues du premier ministre Legault ? Peut-être parce qu’il est sincère. Sans doute parce que le narcissisme n’est pas un trait primaire de sa personnalité.

Image rassurante

À vrai dire, François Legault a des allures de bon père de famille. On n’a qu’à l’observer avec ses députés et ses ministres. Cette image n’est plus à la mode, mais elle rassure. C’est lui qui, à l’évidence, est admiratif de sa femme et fier de ses deux garçons, comme on l’a constaté le soir de sa victoire électorale.

On le croit aussi lorsqu’il met en garde ses troupes, les prévenant de « demeurer près des gens ». Cela n’en fait pas un populiste pour autant, car on ne perçoit pas en lui l’autoritarisme qui transforme le populiste en être froid, calculateur et manipulateur.

Il faut s’attendre à ce que tous ces novices en politique commettent des impairs, s’éloignent parfois de la ligne du parti et, par manque d’expérience, aient des difficultés à gouverner.

Or, François Legault donne à penser aussi qu’il pratiquera auprès de ses troupes, en particulier au sein de son cabinet, ce qu’il prêche. C’est-à-dire qu’il veillera au grain et sera de bon conseil.

Savoir s’excuser

Et le nouveau premier ministre possède une qualité rare en politique : il sait s’excuser, ce qui l’humanise encore davantage.

Certains croient qu’il manque de faconde, que ses manières sont souvent gauches, empreintes d’une naïveté quasi enfantine, qu’il a l’air trop « normal » en somme pour la fonction.

Après tant de dirigeants qui ont promis la lune, il pratique une modestie qui l’honore. Il est même touchant de constater que sa sincérité n’est pas une feinte.

Mais toutes ses qualités seront vite remises en question si le premier ministre Legault rate ses 100 premiers jours. S’il n’arrive pas à mettre en marche ses promesses. Dans l’éducation, la santé, et à l’endroit des enfants du Québec.

Enfin, on ne peut nier qu’un vent de fraîcheur plus printanier qu’automnal souffle sur le Québec depuis le 1er octobre.

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