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Laïcité, identité et immigration

Simon Jolin Barrette
Photo Simon Clark Simon Jolin-Barette
Ministre de l'Immigration du Québec

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Simon Jolin-Barette sera l’homme fort du gouvernement Legault, qui lui a confié les dossiers que les médias aiment dire « délicats ». C’est-à-dire qu’il sera responsable de l’immigration et de la laïcité. Interviewé à Radio-Canada­­­, par un animateur faussement perplexe, lui demandant quel est le lien entre la laïcité et l’immigration, le jeune ministre en a rajouté en disant qu’il n’y en avait aucun.

Intégration

Il faut quand même être sérieux. Si sur le plan strictement intellectuel, les deux questions sont séparées, dans les faits, elles se répondent. Si la laïcité passionne autant les Québécois, c’est parce qu’elle est perçue à raison comme un instrument permettant de réaffirmer l’identité québécoise dans un contexte où elle est contestée sous le coup de l’immigration massive.

La laïcité a pour vocation d’obliger les communautés issues de l’immigration à prendre le pli de la société d’accueil. C’est-à-dire qu’elle doit leur permettre d’adopter un certain rapport à la religion, fondé sur la discrétion de l’expression de ses croyances lorsqu’on est en position d’autorité. Elle doit aussi empêcher une certaine désintégration identitaire qui se révèle par la multiplication des signes religieux ostentatoires.

Cela nous ramène à la question du fameux crucifix de l’Assemblée nationale. Sur le fond des choses, sa présence ne cause aucun problème.

Crucifix

Il est là à la manière d’une trace de notre vieux passé canadien-français, avec lequel nous avons tant de difficultés à faire la paix. C’est une marque de continuité historique. Surtout, ceux qui s’opposent à la présence du crucifix à l’Assemblée nationale le condamnent moins parce qu’il s’agit d’un symbole religieux que parce qu’il s’agit d’un symbole majoritaire. Voilà ce qu’on ne veut pas avouer.

En fait, il est tout simplement normal que les symboles issus de notre histoire soient au cœur de notre espace public. Pour mieux intégrer les immigrés, nous n’avons pas à nous désincarner culturellement.